Benoît XVI se définit comme la ’bête de somme’ de Dieu

Munich: Voyage du pape en Bavière

Munich, 10 septembre 2006 (Apic) «Le Patron a vraiment décidé» pour moi, a déclaré le pape au sujet de sa vocation, se définissant comme la ’bête de somme’ de Dieu. Benoît XVI s’exprimait dans l’après-midi du 9 septembre 2006 depuis la Marienplatz, au coeur de Munich, en Bavière.

Au coeur de Munich, devant la Mariensäule (la colonne de la Vierge), sur la Marienplatz, Benoît XVI a imploré la Vierge, patronne de la Bavière, afin qu’elle intercède pour l’Eglise universelle. «C’est pour moi le motif d’une émotion particulière de me trouver de nouveau sur cette très belle place», un lieu qui représente «l’un des tournants décisifs dans ma vie», a confié le pape, dans son discours en allemand. Il a été chaleureusement applaudi par les milliers de fidèles venus l’accueillir pour cette première étape de son voyage. Il a ainsi évoqué sa nomination comme archevêque de Munich-Freising, en 1977, lorsqu’il fut chaleureusement accueilli par les fidèles du diocèse sur cette place, au coeur de Munich. «Je commençai alors mon service avec une prière à la Vierge».

Il s’est aussi souvenu de la prière qu’il avait adressée au même endroit à la Vierge, patronne de la Bavière, cinq ans plus tard, lorsqu’il fut appelé par Jean Paul II à Rome pour devenir préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. «Aujourd’hui je me retrouve à nouveau là, cette fois comme successeur de Pierre», a commenté le pape, visiblement ému.

Une évocation des doutes qui assaillirent autrefois le pape

Benoît XVI a aussi évoqué le souvenir de sa nomination d’archevêque en 1977, lorsqu’il il fut pris de doutes, craignant de perdre sa charge de professeur à l’université à laquelle il tenait beaucoup. «Je me rappelai alors l’interprétation que saint Augustin donnait des versets 22 et 23 du Psaume 73. Le psalmiste, s’interrogeant sur le pourquoi de la souffrance de celui qui est du côté de Dieu, dit (.) ’je ne comprenais pas, je me tenais devant toi comme une bête. Mais je suis toujours avec toi’». «Augustin, voyant dans le terme ’bête’ une référence à l’animal de trait qui est utilisé par le paysan pour travailler la terre, y reconnut une image de lui-même sous la charge de son service épiscopal», a alors expliqué le pape. «Il avait choisi la vie d’homme d’études et Dieu l’avait appelé à être ’animal de trait’, la bête de somme, le brave boeuf qui tire la charrue dans le champs de Dieu qu’est ce monde.»

Comme l’animal de trait, sous la main du paysan.

«Mais, justement là, le Psaume lui donnait l’illumination pacificatrice» : comme l’animal de trait est «proche du paysan et, sous sa conduite, réalise pour lui le travail pesant qui lui est confié». ainsi, l’évêque, «dans son humble service, est très proche de Dieu parce qu’il réalise un service important pour son Règne». «Sur le fond de cette pensée de l’évêque d’Hippone, l’ours de saint Corbinien m’encourageait toujours à réaliser mon service avec joie et confiance», a alors confié Benoît XVI. «Il y a trente ans, comme aujourd’hui dans ma nouvelle charge, disant jour après jour mon ’oui’ à Dieu : je suis devenu pour toi une bête de somme, mais c’est justement ainsi que ’je suis toujours avec toi’», a-t-il poursuivi.

«L’ours de saint Corbinien, à Rome, fut laissé libre», a commenté le pape, rappelant la légende de l’évêque de Munich, qui raconte que le saint, se rendant à Rome, fut attaqué par un ours qui dévora le cheval qu’il montait. Pour le punir, Corbinien le força à porter sa charge jusqu’à Rome, où il le laissa partir.

«Dans mon cas, le ’Patron’ a vraiment décidé», a commenté le pape sous les éclats de rire de la foule. «»Je me trouve, donc, de nouveau au pied de la Mariensäule pour implorer l’intercession de la Mère de Dieu, cette fois non seulement pour la ville de Munich et pour la Bavière, mais pour l’Eglise universelle et pour tous les hommes de bonne volonté», a-t-il conclu sous les applaudissements. Dans son livre Ma vie, souvenirs, sur son ministère de 1927 à 1977, publié en 1997, le pape avait déjà fait référence à l’histoire de l’ours de Corbinien. (apic/dimedia/ar/vb)

10 septembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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