Deux temps forts et la liesse de la foule pour un pape ravi et ému

Munich: Voyage du pape en Bavière du 9 au 14/9 – Synthèse des 9 et 10 septembre

Munich, 10 septembre (Apic) Parti de l’aéroport de Rome-Ciampino à 13h45, samedi 9 septembre, Benoît XVI est arrivé dans sa région natale, atterrissant à 15h30 à Munich. Les deux premiers jours du pape en Bavière se déroulent selon un programme précis avec 2 temps forts, la prière sur la Marienplatz, le 9 septembre, et la messe suivie par plus de 200’000 fidèles le 10, ainsi que la rencontre avec les leaders politiques, dont la chancelière Angela Merkel. Après avoir présidé les Vêpres à la cathédrale de Munich le dimanche 10, le pape passera la nuit à l’archevêché de Munich.

L’avion pontifical de la compagnie Alitalia a décollé à 13h45 locales à destination de Munich. L’avion a embarqué la «suite» de Benoît XVI, soit des cardinaux, des évêques, ses proches collaborateurs et 70 journalistes accrédités. En répondant aux questions des journalistes à bord de l’avion qui le menait à Munich, le 9 septembre en début d’après-midi, Benoît XVI a confié sa joie. Il a aussi affirmé que le catholicisme allemand n’était pas «fatigué». «Espérons que nous serons plus forts ensemble», a-t-il ensuite déclaré en référence au thème du voyage : ’celui qui croit n’est jamais seul’.

«Je ne dirais pas que le catholicisme allemand est fatigué, de la fatigue il y en a partout», a aussi affirmé Benoît XVI en allemand devant les journalistes admis au vol pontifical. Il a ainsi noté le dynamisme» et les énergies incroyables mobilisés à l’occasion de la préparation de son voyage.

A l’atterrissage de l’appareil qui transportait le pape, les cloches de la ville de Munich se sont mises à sonner. Lors de son arrivée à l’aéroport de Munich, devant le président allemand Horst Köhler et la chancelière fédérale allemande Angela Merkel, le pape a aussi souligné l’importance, pour lui, de cette première visite sur sa terre natale.

Benoît XVI a encore souhaité que ses «compatriotes de Bavière et d’Allemagne prennent une part active dans la transmission aux citoyens de demain des valeurs fondamentales de la foi chrétienne».

Visiter quelques lieux «d’une importance fondamentale» dans sa vie

Dans son intervention, le pape à déclaré être venu «visiter quelques lieux qui ont eu une importance fondamentale dans (sa) vie», confiant avoir en son âme de nombreux souvenirs des années passées à Munich et à Ratisbonne. «

Il a aussi improvisé quelques mots pour dire qu’il ne venait pas simplement en Allemagne pour les catholiques. En accueillant Benoît XVI, dans son intervention, le président Horst Köhler, quant à lui, de confession chrétienne évangélique, a noté combien les Allemands souhaitaient, avec lui, «le progrès oecuménique». Au terme de la cérémonie, le pape a rejoint le centre historique de Munich, puis la Marienplatz.

Au coeur de Munich, devant la Mariensäule (la colonne de la Vierge), sur la Marienplatz, Benoît XVI a alors imploré la Vierge, patronne de la Bavière, afin qu’elle intercède pour l’Eglise universelle. «C’est pour moi le motif d’une émotion particulière de me trouver de nouveau sur cette très belle place», un lieu qui représente «l’un des tournants décisifs dans ma vie», a confié le pape, dans son discours en allemand. Il a été chaleureusement applaudi par les milliers de fidèles venus l’accueillir pour cette première étape de son voyage

«Je me trouve, donc, de nouveau au pied de la Mariensäule pour implorer l’intercession de la Mère de Dieu, cette fois non seulement pour la ville de Munich et pour la Bavière, mais pour l’Eglise universelle et pour tous les hommes de bonne volonté», a-t-il conclu sous les applaudissements. Puis dans une courte prière, le pape a encore lancé: «Enseigne nous – grands et petits, maîtres et serviteurs – à vivre (.) notre responsabilité». «

Auparavant, le pape s’était rendu au séminaire Georgianum de Munich, à bord d’une voiture couverte. Sur son passage, de nombreux Bavarois s’étaient rassemblés pour l’accueillir ainsi que son cortège, sous un grand soleil, tout comme sur sa route le menant vers la ’Marienplatz’ (la place de Marie), au coeur de la ville, où Edmund Stoiber, le ministre-président de Bavière et le cardinal Friedrich Wetter, archevêque de Munich-Freising, l’ont chaleureusement accueilli.

Les musulmans doivent être mieux intégrés

Benoît XVI s’est ensuite rendu à la résidence royale de Munich où il est arrivé vers 18h30, pour s’entretenir avec le président fédéral Horst Köhler, la chancelière Angela Merkel et le ministre-président de Bavière. Lors de son entretien avec le président Horst Koehler, Benoît XVI a souhaité que les musulmans soient mieux intégrés dans la société allemande. C’est ce qu’a rapporté le président allemand à la télévision, à l’issue de sa rencontre avec le pape.

Benoît XVI et le président fédéral allemand Horst Koehler ont aussi parlé du Proche-Orient et de la cohabitation avec l’Islam, lors de leur rencontre . Quant à Angela Merkel, qui a à son tour rencontré le pape dans le palais royal, dans la même soirée du 9 septembre, elle a déclaré: «Je lui ai aussi parlé de la situation en Allemagne, affrontant la question de l’oecuménisme et du rapport avec les autres Eglises, mais je ne révélerai pas tout le contenu». Benoît XVI a quitté le Palais royal à 20h15 au son des fanfares, saluant les fidèles sur sa route. Il a regagné en papamobile l’archevêché, avec le cardinal Friedrich Wetter, archevêque de Munich-Freising. Selon la police, 70 000 personnes ont attendu le pape sur sa route dans l’après-midi du 9 septembre, dont 15 000 personnes à la Marienplatz, au coeur de Munich

Le cynisme de la société occidentale

La messe du 10 septembre a commencé vers 10h sur l’esplanade de la ’Neue Messe’ de Munich, sous un grand soleil. Le pape, en chasuble verte, était radieux. Il a commencé la célébration par un salut, remerciant chaleureusement ses concitoyens pour leur accueil, leur lançant le traditionnel ’Grüss Gott’ (Dieu te salue) sous leurs acclamations. Benoît XVI a lancé: «Le monde a besoin de Dieu», d’un Dieu d’amour. Le pape a aussi dénoncé «le cynisme de la société occidentale» qui considère l’offense a sacré comme une liberté. Au long de son homélie, le pape a rappelé que les hommes ne sauraient se satisfaire seulement de «connaissances et de capacités techniques», qui ont pour conséquence de nous éloigner toujours plus de la réconciliation, de l’engagement commun pour la justice et l’amour».

Puis le pape a donné son message d’Angélus devant quelque 200’000 fidèles, à l’issue de la messe qu’il présidait à Munich. Il a aussi donné aux fidèles présents l’exemple de la Vierge, «femme d’écoute» envers Dieu et les hommes. La messe avait commencé à 10h, au son de la cloche donnée par la ville de Trauenstein au pape. Mais les fidèles étaient arrivés dès 4h du matin pour s’installer sur la grande espl

anade, à une dizaine de km du centre de Munich. Dans la foule, on comptait de nombreux jeunes et familles, mais aussi des personnes plus âgées.

En présence des cardinaux Jean-Marie Lustiger et Stanislas Dziwisz,

Arrivé à 9h30, le pape a fait un tour en papamobile pour saluer les fidèles, sous leurs acclamations, agitant les drapeaux des différentes villes de la Bavière. Il est ensuite monté sur le podium pour commencer la messe, en présence de plus de 60 évêques et cardinaux, parmi lesquels les cardinaux Jean-Marie Lustiger, archevêque émérite de Paris et Stanislas Dziwisz, archevêque de Cracovie. La cérémonie a commencé avec le bref mot d’accueil du cardinal Friedrich Wetter, l’actuel archevêque de Munich-Freising, remerciant son prédécesseur de sa visite. La chorale de la cathédrale de Munich composée de quelque 300 enfants, jeunes et adultes, animait la messe de ses chants.

Durant la prière universelle, les fidèles ont prié à l’attention des victimes des guerres, de la terreur et de la violence, espérant que tous les responsables politiques aient le souci de la sécurité et de la justice. Ils ont aussi prié pour les malades. Durant son homélie, le pape a été applaudi à plusieurs reprises, la foule scandant ’Benedetto’ à d’autres moments de la messe. A son issue, à midi, le pape a regagné à pied la sacristie de la Neue Messe

Bénédiction des fidèles

Vers 14h20, après avoir fini de déjeuner avec les évêques allemands et les cardinaux présents à Munich, Benoît XVI est apparu au balcon de l’archevêché de la ville afin de bénir la foule assemblée sous sa fenêtre. Il a ouvert grand les bras, dans un signe de satisfaction, un large sourire aux lèvres. Il était entouré des cardinaux Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Saint-Siège et Friedrich Wetter, archevêque de Munich-Freising. Plusieurs évêques allemands suivaient l’événement aux fenêtres du palais.

La brève rencontre avec les fidèles réunis patiemment sous un grand soleil s’est déroulée dans un climat joyeux. Saluant de la main certaines personnes qu’il connaissait, le pape a alors improvisé quelques mots en allemand. «Chers amis», comme je le faisais au moment «de l’Oktober fest» (la fête de la Bière qui a lieu fin septembre- début octobre chaque année à Munich), je me réjouis d’être là une nouvelle fois pour saluer beaucoup de personnes. Je remercie Dieu pour le beau ciel qu’il nous donne et pour cet accueil».

Devant l’enthousiasme des fidèles, il les a remerciés encore une fois d’être venus et leur a donné sa bénédiction.depuis le balcon de l’archevêché de Munich, peu avant 14h30, ce dimanche. Il s’est ensuite retiré dans ses appartements, vers 14h30. Le pape devait se reposer avant de partir pour la cathédrale de Munich, afin d’y présider les Vêpres en fin d’après-midi. à la cathédrale de Munich. (apic/imedia/ar/vb)

10 septembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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