Vaud: Théatre religieux burlesque par des catéchistes du canton
N’attendez pas pour voir… Bartimée
Vevey, 2 octobre 2013 (Apic) Aveugle à la canne blanche, il tend un gobelet de plastique aux gens entrant dans l’église, moderne écuelle du pauvre dans laquelle certains bons catholiques venus cet après-midi glissent quelques sous. Puis, sur la scène de l’Eglise St-Jean de Vevey, cet homme parodiant l’aveugle Bartimée, celui que l’Evangile de Marc prénomme ainsi à Jéricho, cet homme sans regard prononce une boutade résumant à elle seule le théâtre religieux burlesque: «J’attends pour voir…».
«Ce Bartimée, qui au début ne voit rien, nous rend la vue» explique Créa Calame, auteure de la pièce avec Marie-Claude Favre. L’épisode de l’aveugle de Jéricho est joué comme si nous y étions, avec tout un monde de personnages caricaturés, de la bigote au chasseur de faux prophètes, qui attendent Jésus tout en ne voyant pas le pauvre Bartimée parmi eux, aveuglés qu’ils sont par leurs propres défauts. Grâce à Bartimée, ils ouvriront les yeux. Avant de parvenir à cette délivrance, le spectateur devra beaucoup rire de tous ces travers, car le théâtre religieux burlesque veut atteindre une profondeur vertigineuse en faisant saillir la pâte humaine, mais quel enseignement au final, quelle catéchèse! Jésus devait avoir beaucoup d’humour et de second degré!
Christina joue un gendarme obnubilé par l’ordre; elle reconnaît en souriant que ce personnage lui sied bien. Chaque acteur a pu choisir son rôle en fonction de ses affinités, et y apporter sa touche personnelle, contribuant ainsi au scénario. «On l’a écrit d’octobre 2012 à juillet 2013», une démarche créative passionnante qu’il a fallu stopper de force afin de conserver du temps pour répéter. Marie-Claude Favre, très convaincante dans son rôle de l’ivrogne, précise que les deux scénaristes se sont satisfaites des personnages que le reste de la troupe n’a pas voulu interpréter.
A fleur de ciel
Treize acteurs, entre 20 et 68 ans, composent A fleur de ciel. Oui, il y a des hommes! Très drôles eux aussi! Tous ne sont pas des pros de l’Eglise, mais tous partagent le sentiment qu’en montant sur scène, ils se trouvent en pleine catéchèse. Et elle porte sur eux-mêmes d’abord. Cette histoire trouve son origine en 2009, lors du forum des catéchistes, qui avait offert l’occasion d’une mise en scène du Magnificat. «Depuis cette expérience, trois femmes se sont engagées en Eglise; quelque chose a été mis en route.» Poursuivant dans cette brèche, Créa et Marie-Claude ont rencontré le diacre belge Luc Aerens. «On n’avait jamais fait de théâtre, encore moins écrit un scénario.» En six jours, l’homme de théâtre leur a tout appris et le septième jour A fleur de ciel était née. Le rêve serait que des familles et des enfants nous rejoignent, s’exclame Créa, les yeux pétillants du succès de cette première.
Représentations en paroisse
Les demandes de représentation en paroisse affluent. Une troupe amie, la Compagnie de l’étoile, elle aussi parrainée par Luc Aerens et présente lors de la première de Bartimée, a aussitôt lancé une invitation pour trois jours de représentations dans le diocèse français de Saint-Claude (Jura français, Lons-le-saunier, Dole). En attendant le spectacle «Qui a vu Bartimée?» sera joué le 22 janvier 2013 au Foyer Franciscain à St-Maurice, dans le cadre de la session romande de catéchèse (20h00), et au Festival des familles, à Sion, le dimanche 16 mars.
(apic/pf/mp)



