Nairobi: Les Eglises africaines exhortent l’ONU à restaurer la paix au Soudan
La résolution de l’ONU qualifiée de «faible»
Nairobi, 22 novembre 2004 (Apic) La Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA) a appelé le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui était réuni dans la capitale du Kenya le 19 novembre, à exercer des pressions afin de restaurer la paix au Soudan et de trouver un règlement aux conflits qui déchirent ce pays africain.
Le pasteur Mvume Dandala, secrétaire général de la CETA, dont le siège est à Nairobi a affirmé: «Dans l’intérêt de la population du Soudan, de la communauté internationale, l’Eglise continue de soutenir la population opprimée du Soudan. Elle continue de témoigner sa solidarité et de défendre la population du Soudan.»
Le Conseil de sécurité a tenu une réunion de deux jours à Nairobi pour mettre fin à une guerre civile de 21 ans au Sud du Soudan et au conflit dans la région du Darfour, a` l’Ouest du pays. On estime à environ deux millions le nombre de personnes mortes durant la guerre civile au Sud- Soudan et à 50 000 dans le conflit du Darfour. Le 19 novembre, le gouvernement soudanais et les rebelles du Sud se sont officiellement engagés, devant le Conseil de sécurité, à signer d’ici le 31 décembre 2004 un accord de fin à la guerre civile.
Le jeudi 18 novembre, des organisations de la société civile soudanaise, entre autres des groupes religieux, ont manifesté devant le lieu de rencontre du Conseil de sécurité en exhortant le gouvernement soudanais et les rebelles de l’Armée/Mouvement populaire de libération du Soudan (A/MPLS) à régler de façon urgente ce conflit de 21 ans.
Les manifestants appellent à l’aide
Portant des pancartes sur lesquelles il était écrit «Arrêtez de reporter la paix», «Nous voulons rentrer», et «21 années de souffrance doivent prendre fin», les manifestants ont affirmé qu’ils avaient été privés de leurs droits par un régime dictatorial d’oppression en place à Khartoum.
Plusieurs manifestants étaient présents lors d’une conférence de presse à Nairobi, où ils ont évoqué le génocide, les graves violations des droits, la destruction de biens et de l’environnement dont est victime la population du Sud-Soudan. «Des millions d’êtres humains ont perdu tout espoir en la vie, accablés par l’angoisse, la souffrance, la famine, la pauvreté et la maladie, parmi d’autres tragédies inhumaines qui accompagnent les guerres civiles», a déclaré Suzanne Jambo, coordinatrice du Nouveau réseau autochtone soudanais.
Les manifestants ont aussi lancé un appel au dialogue entre les groupes soudanais du Sud, en conflit en eux, à l’imposition de sanctions à l’encontre de certains représentants du gouvernement à Khartoum et ils ont exhorté les organisations internationales à donner l’exemple en soutenant l’accord de paix en passe d’être signé bientôt.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté vendredi 19 novembre à l’unanimité à Nairobi une résolution encourageant à la paix au Soudan, pays en proie à deux guerres civiles, mais des organisations humanitaires l’ont immédiatement critiquée pour sa «faiblesse». La résolution ne contient en effet pas de menace de sanctions. (apic/eni/vb)



