Mgr Léonard constate un climat général éprouvant
Namur: Le conflit persiste entre l’évêque et le Conseil présbytéral
Namur, 26 février 1999 (APIC) Le fait que Mgr André-Mutien Léonard, évêque de Namur, en Belgique, ait été invité au Vatican pour y prêcher la retraite de carême ne semble guère avoir impressionné le Conseil presbytéral de son diocèse. Réunis en son absence, les membres ont exprimé leur déception profonde à la lecture du «Bilan d’une visite pastorale du diocèse de Namur (1991-1996) » un document de 94 pages publié récemment par Mgr Léonard.
C’est «pratiquement à l’unanimité», souligne un communiqué diffusé à la demande du Bureau du Conseil presbytéral, que celui-ci a «dit sa déception profonde, parfois en termes très durs». Selon le communiqué, le reproche principal fait au document de l’évêque concerne «le manque d’évaluation un peu sérieuse de ces visites; l’absence de rencontre des réalités humaines, sociales et économiques; l’absence de réflexion sur les enjeux pastoraux». L’abbé Bayet, vicaire général, a déploré n’avoir trouvé «aucun élément positif» parmi les avis exprimés par les prêtres.
Le bilan dressé par Mgr Léonard ne fait lui-même pas mystère des divisions. S’il souligne que «le diocèse est riche en ressources humaines pour l’animation pastorale et l’évangélisation», ce constat est aussitôt confronté à «un climat général éprouvant». Mgr Léonard le décrit en ces termes: «individualisme accentué, indifférence du grand nombre, peur de l’avenir, crispation des habitudes sclérosées».
Mgr Léonard met le doigt sur «un manque flagrant d’unité». Qu’il soit dû à des «rivalités», à des «conflits de clocher», à des «clans» ou à des «cancans», le manque d’unité nuit à l’action pastorale. «Alors que les ennemis de l’Eglise s’organisent souvent en bon ordre, écrit-il, nous perdons beaucoup de temps en querelles intestines, dilapidant ainsi notre trésor au lieu de le partager au monde. Le complexe antiromain, en particulier, fait pas mal de dégâts.»
«Toute notre culture en Europe occidentale, et singulièrement en Belgique, est marqué par un manque de dynamisme: institutions grippées et discréditées, politique à la petite semaine, stagnation économique, vieillissement démographique, essoufflement devant l’avenir. L’Eglise de notre pays et du diocèse participe de ce climat général», relève l’évêque de Namur.
Les plans pastoraux sont nécessaires comme les institutions, note Mgr Léonard, mais ils ne pourront rien sans «une révolution dans les coeurs». «Il ne suffit pas de «turbiner» généreusement, explique-t-il, il faut encore, au plus profond, devenir les coopérateurs de l’Esprit Saint, seul acteur décisif dans l’Eglise du Christ. Notre secours est dans le nom du Seigneur. Nous l’avons trop oublié. Le temps présent nous est donné pour le redécouvrir.», conclut le rapport épiscopal. (apic/cip/mp)




