Pour usure, association de malfaiteurs et appropriation indue
Naples: Le cardinal Giordano convoqué devant les juges?
Naples, 19 novembre 1999 (APIC) Le cardinal Michele Giordano, archevêque de Naples, pourrait devoir s’expliquer avec la justice italienne. Il vient d’être accusé par le ministère public de Lagonegro (Naples) d’usure, d’association de malfaiteurs et d’usurpation. «Quelqu’un là-haut sait que je suis innocent», a simplement commenté le cardinal.
L’enquête préliminaire a été conclue dans la soirée du 18 novembre par les deux procureurs de la République compétents qui ont demandé le renvoi en jugement pour une vingtaine de personnes dont le cardinal napolitain, son frère Lucio Mario, un neveu du cardinal, et l’ancien directeur du Banco di Napoli de Sant’Arcangelo, au sud-est de Naples, d’où la famille Giordano est originaire. Une quarantaine de personnes mises en examen depuis le début de l’affaire en février 1998 sont en revanche blanchies, parmi lesquelles deux autres neveux du prélat.
L’archevêque de Naples est accusé d’avoir financé «une coopérative de crédit» organisée par son frère et par l’ancien directeur du Banco di Napoli à des fins d’usure, pour un montant total de 1 milliard 400 millions de lires (environ 780’000 dollars).
Selon le Ministère public de Lagonegro, le cardinal aurait fait un premier prêt de 400 millions de lires (220’000 dollars) en 1994 sur sa fortune personnelle et deux autres prêts de 500 et 600 millions de lires, utilisant aussi des fonds du diocèse de Naples. Cet argent aurait été utilisé par son frère pour des prêts à des taux d’intérêt de 50 à 300 % par an, selon la Procure de la République.
18 mois d’enquête
L’affaire remonte à février 1998, lorsque le frère du cardinal a été mis en accusation pour usure. Les doutes se sont immédiatement portés sur le prélat napolitain, qui a toujours démenti. Le 20 août 1998, Mario Lucio et le banquier furent arrêtés et, deux jours plus tard, le 22 août, la police perquisitionnait l’archevêché de Naples. Le 17 décembre 1998 une autre affaire éclatait à Naples. Le cardinal Giordano y était est accusé de fraude fiscale, d’où une autre perquisition à la curie napolitaine. Le cardinal a été entendu par deux fois, le 7 mai 1999 (plus de six heures d’interrogatoire) et le 20 octobre dernier.
Le 15 novembre, le cardinal avait reçu une convocation pour une troisième audition, mais le verdict du Ministère Public est tombé avant. «Une incorrection grave», a commenté l’avocat du prélat napolitain. Pour sa part, le cardinal Giordano n’est pas surpris et garde la conscience tranquille. «Je suis propre à l’intérieur, là-haut quelqu’un le sait «, déclarait-il alors que le résultat de l’enquête de la Procure n’était encore pas rendu public.
Cette enquête préliminaire se conclut le jour où de nombreux prélats italiens sont réunis à Naples pour un séminaire sur l’Eglise catholique en Italie, «coïncidence non seulement suspecte mais désagréable», écrit le quotidien catholique «Avvenire» qui regrette la lenteur de l’enquête. (apic/imed/pr)




