La méfiance de l’Europe mine l’Afrique

Naples: Le cardinal Martino à la Rencontre internationale de Sant’Egidio

Naples, 23 octobre 2007 (Apic) Le président du Conseil pontifical justice et paix, le cardinal Renato Raffaele Martino, a affirmé que le mal qui harcelait l’Afrique était «la méfiance» du continent européen. Le haut prélat intervenait à Naples, dans la soirée du 22 octobre, lors d’un débat sur l’Afrique et l’Europe.

Lors du débat intitulé Europe-Afrique, y a-t-il un avenir commun ? organisé au cours de la rencontre internationale de prière pour la paix de Sant’Egidio, le cardinal Renato Martino a dit sa conviction que «le mal qui harcèle l’Afrique est le sentiment de méfiance» du continent européen à l’égard de ce continent, n’hésitant pas à parler de «rideau de fer d’égoïsme et d’indifférence» entre les deux continents. Il a ensuite appelé à «retrouver une confiance».

Le cardinal Martino a demandé à l’Europe d’avoir «clairement à l’esprit qu’il faut résoudre trois questions de base en Afrique : les conflits armés, les maladies pandémiques, la pauvreté». Il s’est dit convaincu que l’Europe et l’Afrique «peuvent et doivent avoir un avenir commun», sous réserve d’une «gouvernance plus adéquate du processus de mondialisation». Le président du Conseil pontifical justice et paix a enfin souhaité que l’Europe «ne se dérobe pas devant son rendez-vous avec l’histoire».

Brochette d’intervenants

Outre le cardinal Martino, la rencontre modérée par Mgr Jean-Pierre Kutwa, archevêque d’Abidjan (Côte d’Ivoire), a vu la participation de Maria da Luz Dai Guebuza, épouse du président de la République du Mozambique, Michel Camdessus, ancien directeur du Fonds monétaire international, Kpakilé Felemou, responsable de la communauté Sant’Egidio en Guinée Conakry, l’écrivain togolais Sami Tchak et Jean-François Leguil-Bayart, directeur du Fonds d’analyse des sociétés politiques et consultant permanent au ’Centre d’analyse et de prévision’ du ministère français des Affaires étrangères. Ce dernier s’est pour sa part lancé dans une attaque en règle contre «la politique criminelle» du président de la République française, Nicolas Sarkozy, en matière d’immigration. Il a aussi qualifié le ’co-développement’ de processus «d’indigénisation» de l’Afrique.

Les intervenants ont évoqué les forces et les faiblesses des rapports entre l’Europe et l’Afrique, plusieurs expériences de paix sur le continent noir, ainsi que l’apport de l’Europe et le rôle du dialogue interreligieux dans le partenariat entre les deux continents.

Avant les différentes interventions, le ministre gabonais de la culture a pris la parole, lisant un message du président de la République du Gabon Omar Bongo. Il a annoncé la décision très récente du gouvernement gabonais d’abolir la peine de mort. Son annonce a été chaleureusement applaudie. (apic/imedia/ami/vb)

23 octobre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!