Naples: Rencontre interreligieuse: La violence? Une «maladie contagieuse»
La violence commise au nom de Dieu est un blasphème
Naples, 24 octobre 2007 (Apic) Les responsables de différentes religions réunis depuis dimanche à Naples, dans le sud de l’Italie, ont qualifié de «blasphème» la violence commise au nom de Dieu.
Dans un «Appel à la paix» publié mardi en conclusion de leur rencontre organisée par la communauté catholique Sant’Egidio, ces mêmes responsables ont dénoncé la «maladie contagieuse» que représente la violence et ont vivement interpellé ceux qui tuent au nom de Dieu, dans la soirée du 23 octobre 2007.
Dans leur «Appel à la paix», lancé au terme de cette rencontre de prière de Sant’Egidio, les religieux ont souligné que le dialogue n’effaçait par les différences. Après avoir prié en divers lieux de la ville, les responsables des différentes religions se sont réunis pour une «procession de paix» et lancer leur «Appel» en présence du président de la République italien Giorgio Napolitano.
Dans leur discours final, les religieux ont dénoncé la «maladie contagieuse qui s’appelle violence», jugeant qu’elle était «la triste compagne de tous les jours de trop d’hommes et de femmes de notre planète». Cette violence, ont-ils expliqué, «prend la forme de la guerre, du terrorisme, de la pauvreté et du désespoir, de l’exploitation de la planète. Elle se nourrit de mépris, elle fomente la haine qui étourdit, tue l’espérance et sème la peur ; elle frappe les innocents, défigure l’humanité».
«De Naples, nous pouvons dire avec plus de force qu’hier que quiconque utilise le nom de Dieu pour haïr l’autre, pour commettre des actes violents, pour faire la guerre, blasphème le nom de Dieu», ont encore affirmé les leaders interreligieux au terme de leur rencontre.
«A ceux qui tuent encore, qui sèment le terrorisme et font la guerre au nom de Dieu, nous répétons: ’Arrêtez ! Ne tuez pas ! La violence est toujours une défaite pour tous !’». «Nous avons redécouvert que, sans dialogue, il n’y a pas d’espérance et l’on se condamne à avoir peur de l’autre», ont-ils encore soutenu en précisant que «le dialogue n’annule pas les différences» mais «enrichit la vie et dissipe le pessimisme qui voit dans l’autre une menace».
Appel répercuté
L’appel pour la paix, après avoir été lu, a été remis à des enfants chargés de le transmettre à des ambassadeurs pour être largement diffusé. Puis, les différents leaders religieux ont signé le texte l’un après l’autre et allumé, symboliquement, un cierge.
Auparavant, le patriarche de Constantinople Bartholomée Ier avait affirmé que «les discussions et les rencontres» comme celle de Naples contribuaient «à la collaboration entre les peuples et à la croissance des relations de compréhension et d’amitié réciproque». Quant au président italien, Giorgio Napolitano, il avait affirmé que le dialogue était «la seule voie pour vivre ensemble en paix, pour prévenir et résoudre les conflits», voyant à Naples «un germe d’espérance (.) pour la paix dans le monde, à commencer par la paix entre israéliens et palestiniens». (apic/imedia/ami/pr)




