Nations Unies: Les Eglises s’engagent dans la lutte contre les armes légères
«Arrêtez le commerce des armes légères», crie le COE
New York, 28 janvier 2001 (APIC) Le Conseil œcuménique des Eglises (COE) veut que la prochaine Conférence des Nations Unies sur les armes légères reconnaisse la gravité des dommages causés par l’usage incontrôlé des armes légères. Au Mozambique, les Eglises échangent ces armes contre des outils. Mais les obstacles au désarmement existent toujours: les Etats Unis et la Chine mettent les bâtons dans les roues.
Venus à New York pour observer les travaux d’un comité préparant la Conférence des Nations Unies sur le commerce illicite des armes individuelles et légères, qui aura lieu du 9 au 20 juillet, les évêques anglicans Sengulane du Mozambique et Ernie Regehr du Canada représentent la Commission des Eglises pour les affaires internationales du COE. Bien qu’elles ne tuent qu’une personne à la fois, «ces armes sont légères mais font énormément de mal», comme l’ont montré les événements au Mozambique, affirme l’évêque Sengulane. Il fait remarquer que les habitants de son pays n’ont pas seulement lu des bulletins d’information ni étudié des statistiques: ils ont aussi perdu leurs parents, leurs fils et leurs filles à cause de la présence incontrôlée de ces armes.
L’Eglise du Mozambique récolte 100’000 armes
L’évêque mozambicain décrit un projet des Eglises de son pays intitulé «transformer les épées en socs». Avec l’appui financier du Canada, de l’Allemagne, du Japon et d’autres pays, les Eglises ont donné des outils agricoles ou des machines à coudre aux personnes qui avaient remis leurs armes: ainsi, les Eglises ne parlaient pas seulement de désarmement, elles en faisaient. «Nous avons récolté plus de 100’000 armes», rapporte l’évêque Sengulane. La police et les militaires les ont rendues inutilisables et dans certains cas on en a créé des œuvres d’art.
Obstacles au progrès
Lors de sa récente assemblée à Potsdam en Allemagne, le COE a lancé la décennie «Vaincre la violence», qui dure de 2001 à 2010. Bien que nombre d’ONG travaillent au succès de la conférence des Nations Unies en juillet, certaines d’entre elles sont opposées à un contrôle des armes légères. L’évêque Regehr cite l’exemple du puissant lobby des armes, la «US National Rifle Association». A cause de l’influence d’associations de ce genre, dit-il, les Américains traînent les pieds. Les Etats-Unis ont également refusé d’accepter l’interdiction de la vente d’armes légères à des «acteurs non-gouvernementaux», comme les forces antigouvernementales d’UNITA en Angola.
Selon Ernie Regehr, la Chine oppose «une forte résistance», et insiste pour que la conférence des Nations Unies ne considère que les armes «illicites», c’est-à-dire celles qui sont vendues en contravention à la loi. Mais d’autres pays ont réussi à faire ajouter au titre de la Conférence les mots «sous tous ses aspects», afin d’ouvrir la discussion sur les pratiques considérées étant comme licites et celles jugées illicites, indique Regehr. (apic/coe/om)



