Maire chrétien agressé par les islamistes, police israélienne passive
Nazareth: La tension monte entre chrétiens et musulmans
Nazareth, 18 octobre 1999 (APIC) La tension est remontée lundi d’un cran entre chrétiens et musulmans à Nazareth après l’agression samedi soir par des militants islamistes du maire de la ville, Ramiz Jaraisy. Pour protester contre la «passivité» de la police israélienne, accusée de n’avoir rien fait depuis deux ans contre la violence des fondamentalistes islamiques, R. Jaraisy a refusé de porter plainte et de dénoncer les assaillants, des membres du Mouvement islamique, le parti majoritaire au Conseil municipal de la plus grande ville arabe d’Israël.
Ramiz Jaraisy, un responsable politique de confession chrétienne, a été légèrement blessé au bras à la sortie d’un rassemblement public, après avoir été insulté et frappé à coups de poing par des «inconnus» armés de barres de fer, de couteaux et même d’un sabre. L’un des assaillants a encore brandi un pistolet. Certains des agresseurs sont connus, car ils ont déjà été impliqués dans des violences similaires, «sans être inquiétés par la justice», dénonce-t-on dans l’entourage du maire.
Un sentiment d’impunité chez les islamistes
Le maire a refusé d’accéder à la demande de la police israélienne d’identifier les trois suspects arrêtés. Ramiz Jaraisy tient ainsi à souligner son manque de confiance à l’égard de la police, qui a laissé faire: «Le fait que la police israélienne a toujours ignoré nos plaintes contre la violence et les menaces des membres du Mouvement islamique leur a donné un sentiment d’immunité». Le chef du Mouvement islamique de Nazareth, Salman Abu Ahmed, a affirmé que son groupe n’avait rien à voir dans cette agression, et qu’il ne pouvait pas être tenu pour responsable des actes d’individus.
La police israélienne prétend que Jaraisy a été attaqué pour avoir participé à une réunion «provocatrice» à la Maison de l’Amitié pour rendre hommage au poète chrétien libanais Marcel Khalifé, actuellement dans le collimateur des intégristes musulmans libanais pour avoir «osé» chanter un verset du Coran. Selon les intégristes sunnites, tout arrangement musical d’un verset coranique est «blasphématoire» et «sacrilège». Marcel Khalifé est actuellement en procès à Beyrouth sur dénonciation de Dar el-Fatwa, la plus haute instance religieuse sunnite du Liban. Ce procès a provoqué un tollé dans une grande partie de la société libanaise, qui dénonce le retour de «l’obscurantisme».
A Nazareth, la tension entre la majorité musulmane et la minorité chrétienne a été ravivée par le projet du maire de créer une place, dans le cadre de «Nazareth 2000», pour accueillir les pèlerins et les touristes à l’occasion du Grand Jubilé de l’an 2000. Les fondamentalistes islamiques ont occupé illégalement cette place à côté de la Basilique de l’Annonciation pour y construire une mosquée, et le compromis proposé par les autorités israéliennes – une mosquée sur un tiers de la parcelle, qui est propriété de l’Etat – a été très mal accepté par les chrétiens qui considèrent que le gouvernement récompense ainsi ceux qui violent la loi et l’ordre public. (apic/jpost/haar/be)




