La mosquée de la discorde, une menace sur la visite du pape
Nazareth: Les chrétiens menacent de fermer les églises pour les fêtes de Noël
Jérusalem, 6 octobre 1999 (APIC) La «mosquée de la discorde» à Nazareth pourrait bien remettre en question la visite du pape à Jérusalem prévue en mars prochain. Les responsables des grandes communautés chrétiennes de Terre sainte menacent en effet le gouvernement israélien de fermer toutes les églises et les lieux saints chrétiens pour les fêtes de Noël s’il ne fait pas rapidement déplacer la tente transformée en mosquée érigée au pied de la Basilique de l’Annonciation à Nazareth.
Selon le quotidien israélien «Ha’aretz» de mercredi, les responsables israéliens sont inquiets et craignent que les chefs religieux chrétiens ne mettent réellement leur menace à exécution. Une telle mesure drastique porterait une sérieuse atteinte à l’image d’Israël parmi des centaines de millions de chrétiens au moment même des célébrations du nouveau millénaire. Cette année, à Nazareth, des lieux saints ont déjà été fermés aux pèlerins et aux touristes pour protester contre les échauffourées provoquées par les fondamentalistes islamiques qui s’en sont pris aux chrétiens de la ville.
Soutenus par des milieux politiques extrémistes, les militants islamiques occupent illégalement une place que la municipalité désire transformer en parking pour faire face à l’afflux des pèlerins lors du Gand Jubilé. Les islamistes ont aussitôt déclaré la place «lieu saint» et y ont érigé une mosquée provisoire en toile. Craignant l’influence politique des milieux islamistes, qui progressent au sein des quelque 500’000 électeurs arabes israéliens, les autorités israéliennes ont temporisé, laissant pourrir la situation.
Un haut responsable chrétien a déclaré à «Ha’aretz» que le compromis proposé par la Commission ministérielle chargée de traiter cette pénible affaire – autoriser la construction d’une petite mosquée de 700m2 – revient à «récompenser la violence des émeutiers». Il a mis en garde contre la construction d’un lieu de culte musulman, – même petit – dans les environs immédiats de la Basilique de l’Annonciation. Une telle autorisation «porterait atteinte à la confiance entre Israël et l’Eglise et affecterait également négativement le statut des lieux saints de Jérusalem».
Les promesses d’Ariel Sharon et l’attentisme d’Ehud Barak
Le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah – lui-même natif de Nazareth – a rappelé une nouvelle fois que le pape pourrait reconsidérer sa visite pastorale tant attendue en Terre Sainte, si la tente des fondamentalistes musulmans n’était pas enlevée. Les responsables chrétiens sont allés expliquer aux autorités israéliennes que l’ancien Ministre des Affaires étrangères Ariel Sharon avait promis à Jean Paul II, lors d’une visite au Vatican en avril dernier, que le gouvernement israélien maintiendrait le statu quo existant avant l’incident et ne permettrait pas au Waqf musulman d’ériger une mosquée à cet endroit.
Des hauts responsables du Ministère israéélien des Affaires étrangères soulignent l’importance d’une action immédiate, parce que les menaces des Eglises doivent être prises très au sérieux. Ils sont d’avis que le Premier Ministre Ehud Barak n’a d’autre choix que de se dépêcher de faire évacuer les occupants, même s’il faut pour cela affronter la colère des islamistes et envisager l’engagement de forces de l’ordre en nombre important. (apic/haa/be)




