«NE CHERCHEZ PAS A DOMESTIQUER LES PEUPLES AUTOCHTONES», AFFIRME LE COE DE-
VANT L’ONU
Les gouvernements doivent accepter que c’est aux peuples autochtones d’établir l’ordre du jour des initiatives qui mettront fin é des siécles d’oppression et d’exploitation. Or, ces peuples ne sont souvent invités é participer aux discussions qu’é un stade avancé «pour débattre de politiques
déjé élaborées». Cela revient é une véritable «domestication».
Tel est le message que le Conseil oecuménique des Eglises (COE) a fait
passer lors de son intervention orale devant la Sous-Commission de la lutte
contre les mesures discriminatoires et de la protection des minorités, é
Genéve cette semaine, aprés la publication du dernier rapport du Groupe de
travail des Nations Unies sur les populations autochtones.
L’évéque Eugenio Anaguaya Poma (Bolivie), qui appartient é la nation
aymara, a pris la parole au nom du COE dont il est le consultant pour les
questions touchant les peuples autochtones.
Il a donné des exemples de la faéon dont cette «domestication» est
actuellement é l’oeuvre, exemples qui montrent é quel point la pensée des
peuples autochtones est souvent méprisée.
Les requétes demandant é ce qu’on renomme le Groupe de travail des Nations
Unies «Groupe de travail sur les peuples autochtones» ont été rejetées.
Ainsi, les peuples autochtones se sont vu refuser le «droit de se nommer
eux-mémes».
Les projets de l’ONU concernant la célébration d’une Journée internationale
des peuples autochtones du monde ne respectent pas les «procédures
autochtones de prise de décision collective».
L’évéque Poma a dit que le COE était favorable é l’appel lancé par le Groupe de travail en faveur de l’interruption du programme international sur le
génome humain jusqu’é ce que tous les peuples autochtones concernés soient
informés du projet et qu’ils y aient donné leur accord. Ce programme, en
vertu duquel l’industrie biotechnique, les instituts de recherche scientifique universitaires et publics du monde entier collaborent pour dresser
une carte du patrimoine génétique humain, a des conséquences éthiques, commerciales et militaires considérables. Il constitue «un autre exemple du
caractére inadéquat des processus de consultation avec les peuples autochtones, procédures qui permettent d’exploiter les ressources humaines et autres de ces peuples».
M. Poma a aussi déclaré aux membres de la Sous-Commission que le COE
appuyait l’appel lancé par le Groupe de travail en faveur de la nomination
d’un rapporteur spécial chargé de conduire une étude exhaustive sur le
probléme de la reconnaissance et du respect des droits fonciers des
autochtones. Cependant, a-t-il ajouté, l’étude devrait étre menée «en
consultation avec les populations autochtones» qui en fixeraient les
paramétres.
Tout au long de son intervention, l’évéque Poma s’est référé aux maniéres
dont les peuples autochtones avaient été colonisés. Il a conclu en ces termes: «Les peuples autochtones ne peuvent abattre seuls le mur de la colonisation. Ils font pression mais les Etats cherchent encore é maintenir le
statu quo. Pour que la décolonisation commence, il faut que l’Etat accepte
que les solutions de rechange proposées par les peuples autochtones sont
légitimes et qu’elles peuvent remplacer ce statu quo. Les Etats perpétuent
la domestication des peuples autochtones en nous invitant é participer é
des réunions oé l’on discute de politiques déjé établies auxquelles nous ne
pouvons apporter que des changements minimes sans toucher l’ensemble.»
L’évêque Poma a dit que le COE était favorable à l’appel lancé par le Groupe de travail en faveur de l’interruption du programme international sur le
génome humain jusqúà ce que tous les peuples autochtones concernés soient
informés du projet et qúils y aient donné leur accord. Ce programme, en
vertu duquel l’industrie biotechnique, les instituts de recherche scientifique universitaires et publics du monde entier collaborent pour dresser
une carte du patrimoine génétique humain, a des conséquences éthiques, commerciales et militaires considérables. Il constitue «un autre exemple du
caractère inadéquat des processus de consultation avec les peuples autochtones, procédures qui permettent d’exploiter les ressources humaines et autres de ces peuples».
M. Poma a aussi déclaré aux membres de la Sous-Commission que le COE appuyait l’appel lancé par le Groupe de travail en faveur de la nomination
d’un rapporteur spécial chargé de conduire une étude exhaustive sur le problème de la reconnaissance et du respect des droits fonciers des autochtones. Cependant, a-t-il ajouté, l’étude devrait être menée «en consultation
avec les populations autochtones» qui en fixeraient les paramètres.
Tout au long de son intervention, l’évêque Poma s’est référé aux manières
dont les peuples autochtones avaient été colonisés. Il a conclu en ces termes: «Les peuples autochtones ne peuvent abattre seuls le mur de la colonisation. Ils font pression mais les Etats cherchent encore à maintenir le
statu quo. Pour que la décolonisation commence, il faut que l’Etat accepte
que les solutions de rechange proposées par les peuples autochtones sont
légitimes et qúelles peuvent remplacer ce statu quo. Les Etats perpétuent
la domestication des peuples autochtones en nous invitant à participer à
des réunions o? l’on discute de politiques déjà établies auxquelles nous ne
pouvons apporter que des changements minimes sans toucher l’ensemble.»



