Palestine-Israël: Appel du secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises (COE)
Ne pas oublier l’aspect humain du conflit en Terre Sainte
Jérusalem, 2 septembre 2010 (Apic) Les milieux politiques doivent axer leur action sur l’aspect humain du conflit israélo-palestinien. Ils ne doivent pas y renoncer au profit de leurs propres programmes politiques, a affirmé le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises (COE). Olav Fykse Tveit, à l’occasion d’un voyage au Moyen-Orient, a visité avoir des familles palestiniennes que les Israéliens ont expulsées de leurs maisons, dans le quartier de Sheik Jarrah, à Jérusalem-Est.
«Les milieux politiques doivent agir pour empêcher cette tragédie humaine», a déclaré le pasteur Tveit à l’agence de presse oecuménique ENI, basée à Genève. Pour le secrétaire général du COE, bien que beaucoup de lieux soient saints en Terre Sainte, les gens qui vivent sur cette terre sont également saints. «Il ne s’agit pas de principes politiques; c’est d’êtres humains dont il est question. Il est honteux que les politiques s’intéressent davantage à leurs propres intérêts politiques qu’à garantir les droits fondamentaux de la personne», a déclaré le pasteur Tveit, théologien luthérien de Norvège.
Il s’agit de la première visite du pasteur Tveit en Terre Sainte en tant que secrétaire général du COE, bien qu’il se soit rendu dans la région à plusieurs reprises avant d’accéder à son poste à la tête du rassemblement d’Eglises à Genève en janvier dernier.
Outre les rencontres avec des responsables d’Eglise locaux, le pasteur Tveit devait s’entretenir avec les grands rabbins d’Israël, les représentants de plusieurs organisations partenaires juives et le grand mufti de Jérusalem. Le pasteur Tveit s’est également rendu à Bethléem et Hébron.
Rencontre avec les familles expulsées de leurs foyers par les colons
Au quatrième jour de sa tournée de six jours en Terre Sainte, le pasteur Tveit a souligné que la rencontre avec des membres de la douzaine de familles expulsées de leurs foyers au cours des deux dernières années avait grandement affecté sa vision des violations des droits des Palestiniens.
Nabil Al-Kurd, 67 ans, dont la famille a été expulsée de la moitié de sa maison, constituée de deux bâtiments, a expliqué au pasteur Tveit que les colons juifs harcèlent les familles et que les fils des familles – âgés seulement de 9 et 12 ans – ont été embarqués par la police israélienne pour être interrogés.
Des Israéliens solidaires des Palestiniens victimes d’abus de pouvoir
Il a toutefois mentionné que chaque semaine, un groupe d’Israéliens et de sympathisants protestent contre l’expulsion aux côtés des familles concernées. «Aucun des camps ne connaîtra la paix si aucun des camps ne jouit de la sécurité», a déclaré le pasteur Tveit. «Cela n’a rien à voir avec la religion; c’est de l’abus de pouvoir. Comment les relations pourraient-elles être bonnes avec ces gens par la suite? Si nous aimons Dieu, nous sommes également appelés à aimer notre prochain comme nous-mêmes».
Zakariah Odeh, directeur exécutif de la Coalition civique pour Jérusalem, qui a informé le pasteur sur la situation, a déclaré que cela fait 37 ans que l’affaire est traitée par les tribunaux. Les organisations de colons israéliens prétendent que le terrain sur lequel les maisons sont construites appartient aux juifs. Selon Zakariah Odeh, cependant, environ 28 familles de réfugiés palestiniens sont installées dans cette zone selon un accord signé en 1956 entre la Jordanie, qui contrôlait la zone avant 1967 et qui a fourni le terrain, et l’Office de secours et de travaux des Nations Unies (UNRWA), qui a construit les maisons.
«Ce genre de situation détruit aussi Israël … Il ne donne pas aux Israéliens la liberté de vivre en bonne entente avec ses voisins», a affirmé le pasteur Tveit. «Les Eglises du monde entier ont l’obligation d’interpeller les personnes au pouvoir sur la responsabilité qu’elles ont d’assurer les droits fondamentaux de la personne ici». Le COE rassemble 349 Eglises, principalement anglicanes, orthodoxes et protestantes. (apic/eni/be)



