Allemagne: Les évêques pour l’interdiction du diagnostic pré-implantatoire
Ne pas s’ériger en seigneurs de la vie et de la mort
Bonn, 4 juillet 2011 (Apic) A la veille de la décision du parlement allemand, les évêques catholiques demandent une stricte interdiction du diagnostic pré-implantatoire (DPI).
Cette technique qui permet d’analyser un embryon conçu in vitro, avant son implantation dans l’utérus, pour y dépister d’éventuelles anomalies, n’est pas acceptable, souligne Mgr Robert Zolltisch, président de la Conférence épiscopale. L’homme ne peut pas déterminer à travers le DPI qui est digne de vivre ou qui ne l’est pas, insiste l’archevêque de Fribourg en Brisgau, dans une interview à l’agence catholique allemande kna.
Le Bundestag doit trancher le 7 juillet sur la légalisation éventuelle du DPI et se trouve face à trois propositions. La première veut une interdiction totale, les deux autres prônent une autorisation à certaines conditions plus ou moins strictes.
Le DPI ne signifie rien d’autre qu’une sélection, affirme Mgr Zolltisch qui refuse tout compromis sur cette question. Pour l’Eglise catholique, il est clair que la vie humaine commence à la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde. «Si je commence à décider maintenant quelle vie est digne d’être vécue et quelle autre ne l’est pas, je m’érige en seigneur de la vie et de la mort.»
A ceux qui seraient tenter de justifier le DPI par la même logique qui autorise légalement l’avortement, Mgr Zolltisch répond que l’avortement est légal en fonction de la santé de la mère et non pas en fonction de la santé de l’embryon. Opérer une sélection par le moyen du DPI n’est pas comparable à la pesée des intérêts de la mère et de l’enfant dans une grossesse déjà en route
Pas compatible avec la vision chrétienne de l’homme
Dans le même temps, la quasi totalité des membres du comité central des catholiques du Bundestag s’est prononcé en faveur d’une interdiction totale du DPI. Cette méthode n’est pas compatible avec notre vision chrétienne de l’homme pas plus qu’avec la Constitution allemande, estime le comité dans un communiqué publié le 4 juillet.
Le désir des parents d’avoir des enfants sains est compréhensible et mérite le respect. Mais le DPI n’est pas la bonne voie. Car le choix d’un embryon selon des critères génétiques contredit le principe fondamental qui veut que toute vie mérite protection indépendamment de sa santé et de ses capacités. Il est en particulier en contradiction avec le principe de non discrimination des personnes handicapées, précisent les députés catholiques. (apic/kna/mp)



