Rome: Environnement, éducation et pauvreté au cœur de la visite du président bolivien

Nécessité de développer une plus grande sensibilité aux problèmes actuels

Rome, 17 mai 2010 (Apic) Le développement d’»une plus grande sensibilité sociale pour la sauvegarde de l’environnement», la collaboration entre l’Eglise et l’Etat en matière d’éducation et de défense des plus pauvres ont été au cœur de la visite au Vatican du président de la République de Bolivie, Evo Morales, le 17 mai 2010

Après avoir été reçu pour la première fois par le pape, le chef d’Etat sud-américain a ensuite rencontré le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, et Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les relations avec les Etats.

Un communiqué publié peu après par le Bureau de presse du Saint-Siège a rapporté que les différents entretiens avaient ainsi permis un «échange d’opinions fructueux» sur «la conjoncture internationale et régionale actuelle» et sur «la nécessité de développer une plus grande sensibilité sociale pour la sauvegarde de l’environnement». La Bolivie, dotée de nombreuses ressources souterraines, détient les secondes réserves de gaz naturel d’Amérique du Sud. C’est également le 3e producteur de coca, qui est une source de revenus importante pour les agriculteurs, malgré des programmes d’éradication.

Il a aussi été question, au cours de ces «échanges cordiaux», de «certains aspects de la situation» de la Bolivie, en particulier de «la collaboration entre l’Eglise et l’Etat en matière d’éducation, de santé et de politiques sociales pour défendre les droits des plus pauvres». Ces dernières années, le thème de l’enseignement de la religion dans les programmes scolaires a causé de vives tensions entre l’épiscopat et les autorités socialistes. Par ailleurs, la Bolivie demeure l’un des pays les plus pauvres d’Amérique du Sud. Ainsi, plus de 35 % de la population y vit encore dans l’extrême pauvreté, malgré quelques avancées dues à la politique de redistribution mise en place par le président Morales.

25 minutes en privé

Au deuxième étage du Palais apostolique, Benoît XVI et Evo Morales se sont entretenus pendant 25 minutes en espagnol, assistés d’un interprète. Très déférent envers le pape, le président bolivien, vêtu d’une veste traditionnelle andine noire brodée d’or, a fait part de sa «joie» et de l’honneur d’être reçu au Vatican.

Après avoir présenté sa délégation composée de 7 personnes, dont l’ambassadeur de Bolivie près le Saint-Siège, Carlos Federico de la Riva Guerra, le président sud-américain a remis au pape 2 petites statues de bois représentant un couple vêtu d’habits traditionnels, ainsi qu’une écharpe blanche en alpaga. Benoît XVI a offert à Evo Morales une médaille de son pontificat.

Syndicaliste élu dès le premier tour à la présidence de la République

D’origine amérindienne, Evo Morales est arrivé à la politique par la voie du syndicalisme agricole, défendant les cultivateurs de feuilles de coca. En 2002, son parti, le Mouvement vers le socialisme (MAS) est devenu le premier parti d’opposition au Congrès. En 2005, Evo Morales a été élu dès le premier tour à la présidence de la République, lançant immédiatement une ›révolution démocratique et culturellé aux accents socialistes et indigénistes, basée sur la nationalisation des hydrocarbures et sur une nouvelle Constitution garantissant davantage de droits aux populations autochtones, adoptée en 2009. Cette même année, Evo Morales a été réélu avec près de 63 % des suffrages, grâce au soutien de nombreux Boliviens envers une politique de redistribution mise en œuvre après les nationali sations des hydrocarbures.

Au cœur de l’Amérique latine, entourée par le Brésil, le Paraguay, l’Argentine, le Chili et le Pérou, la Bolivie compte près de 95 % de fidèles catholiques. (apic/imedia/cp/js)

17 mai 2010 | 15:48
par webmaster@kath.ch
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