«Négocier les armes à la main ne résoudra rien»

Philippines : Deux prêtres catholiques parmi les otages des rebelles à Zamboanga

Zamboanga, 11 février 2013 (Apic) Selon l’administrateur de l’archidiocèse de Zamboanga, deux prêtres catholiques se trouvent parmi les civils retenus en otage depuis le 9 septembre 2013 par les hommes du Front moro de libération nationale MNLF. Les rebelles musulmans tiennent sous leur contrôle plusieurs quartiers de la ville de Zamboanga, sur l’île de Mindanao, à l’extrême sud des Philippines.

Face à ce regain de tensions armées, Mgr Chris Manongas lance un appel au calme et au retour à la table des négociations. «Ulcéré» par ce nouvel épisode de violence, le prélat appelle la direction du MNLF à ne pas impliquer les civils dans leur lutte politique. «Négocier les armes à la main ne résoudra rien».

C’est un conflit politique

L’administrateur diocésain a en outre indiqué que les églises sont ouvertes à tous ceux, chrétiens comme musulmans, qui ont fuit les combats. «Tous dans le diocèse, au sein de ses instances sociales et caritatives notamment, sont mobilisés pour accueillir les personnes» qui fuient les troubles. «Ce qui se passe n’a rien d’un conflit religieux. C’est un conflit politique. Il n’y a pas d’animosité ici entre les chrétiens et les musulmans et nous entretenons de bonnes relations avec les responsables religieux musulmans de Zamboanga», a-t-il souligné.

Entre 70 et 250 civils, selon les sources, sont retenus par 200 à 300 combattants du MNLF qui tiennent militairement plusieurs quartiers de la périphérie de Zamboanga. Leur attaque a débuté le 9 septembre. Arrivés semble-t-il par voie de mer, ils ont d’abord cherché à gagner l’hôtel de ville, mais arrêtés en chemin par des forces de police, ils se sont retranchés dans plusieurs quartiers de la périphérie de cette ville de l’extrême sud-ouest de Mindanao. Retenant des civils en otage, ils tenteraient de négocier leur départ avec les autorités philippines.

Manille a très rapidement déployé d’importantes forces militaires. Les échanges de coup de feu ont fait une dizaine de victimes et plusieurs dizaines de blessés. Plusieurs milliers d’habitants ont fui les quartiers pour trouver refuge dans des stades, des écoles, des églises ou des mosquées. La ville de Zamboanga compte 800’000 habitants, dont trois quarts de catholiques et un quart de musulmans.

Dans le long conflit qui oppose les rebelles musulmans indépendantistes de Mindanao au gouvernement philippin depuis une quarantaine d’années (120’000 morts), il semble que ce soient les dissensions entre les deux principaux mouvements musulmans, le Front moro de libération nationale ( MNLF) et le Front moro de libération islamique (MILF), qui expliquent l’actuel accès de fièvre à Zamboanga. (apic/ucan/eda/mp)

11 septembre 2013 | 17:34
par webmaster@kath.ch
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