Chrétiens, hindous et musulmans ne se laisseront pas intimider
Népal: Marche oecuménique pour protester contre les attentats meurtriers du 23 mai
Katmandou, 3 juin 2009 (Apic) Après l’attentat meurtrier du 23 mai dernier de l’église de l’Assomption, qui a fait deux morts et une quinzaine de blessés, les chrétiens refusent de céder aux menaces des extrémistes hindous et manifestent pour la paix.
Une grande manifestation organisée conjointement par les catholiques et les protestants a réuni dimanche 31 mai plus de 7’000 chrétiens à Katmandou, ainsi que de nombreux autres groupes dans une quinzaine de localités népalaises, indique Eglises d’Asie. Tous protestaient contre l’attentat à la bombe meurtrier du 23 mai dernier dans l’église de l’Assomption, principale église catholique du Népal, qui a fait deux morts et plus d’une quinzaine de blessés graves dont l’un, la mère de l’une des victimes, vient de décéder des suites de ses blessures.
Malgré les fortes pluies de la mousson, les participants, comprenant un grand nombre de protestants et de catholiques ainsi que des hindous et des musulmans, ont rallié le coeur de la capitale en une « Marche de la paix et de la non-violence, contre le meurtre, la violence et le terrorisme ». Evangéline Rai, de l’Eglise pentecôtiste, déclare avoir voulu protester contre « l’acte haineux » perpétré contre les catholiques. Elle ajoute : « Notre Eglise pourrait être la prochaine victime. C’est une attaque contre l’ensemble de la communauté chrétienne du Népal ».
Mgr Anthony Sharma, vicaire apostolique de l’Eglise catholique au Népal, présent lors de la manifestation, a pour sa part souligné que « la communauté catholique au Népal [avait] toujours été au service des pauvres et des nécessiteux, et [qu’] il n’y avait aucune raison de viser l’Eglise. Les lieux de culte devraient toujours être respectés et jamais attaqués ».
Comme les premiers indices trouvés sur les lieux du drame le laissaient supposer, le groupuscule hindouiste, l’Armée de Défense du Népal (Nepal Defence Army, NDA), a confirmé le 29 mai sa responsabilité dans l’attentat, par une déclaration menaçante : « Nous voulons que le million de chrétiens quitte le pays, sinon nous mettrons un million de bombes dans toutes les maisons où vivent les chrétiens et nous les ferons exploser. »
En 2008, le même NDA avait revendiqué l’assassinat du P. John Prakash Moyalan, prêtre catholique, ainsi qu’un attentat à la bombe qui avait fait deux morts dans une mosquée.
D’autres attentats lui ont été imputés depuis que ce groupe s’est fait connaître peu après la transformation, en 2006, du dernier royaume hindou de la planète en une république laïque. Connu pour recruter ses membres parmi d’anciens soldats de la monarchie, d’anciens policiers et des victimes de la guérilla maoïste, le NDA demande la restauration d’un Etat hindou et le départ des humanitaires étrangers et des membres des autres religions au Népal.
L’un des organisateurs de la marche pour la paix, le Rév. Isu Jung Karki, affirme que ce type de menaces n’affectera en aucune façon «notre mission au Népal. Nous avons traversé des temps très difficiles pendant les Panchayati days et nous n’avons pas arrêté pour autant de travailler pour Dieu (…).Cette marche montre que de telles attaques contre les chrétiens ne nous effrayent pas mais renforcent davantage notre unité et notre foi». (apic/eda/pr)



