Une ère nouvelle pour le Népal, où tous seront citoyens

Népal: Mgr Anthony Francis Sharma salue l’abolition d’une monarchie vieille de 239 ans

Katmandou, 30 mai 2008 (Apic) Mgr Anthony Francis Sharma, préfet apostolique du Népal, salue l’abolition dans son pays d’une monarchie vieille de 239 ans. Dans une interview à l’agence de presse catholique asiatique UCANews, le jésuite népalais qualifie l’instauration de la République de «vraiment grande réalisation».

Les catholiques népalais, comme citoyens du pays, doivent en être fiers, a-t-il déclaré. «Nous nous réjouissons avec la nation et avec nos frères et soeurs. Nous remercions Dieu pour ses bénédictions», a-t-il poursuivi, en rappelant que l’Assemblée constituante népalaise avait aboli la monarchie à l’écrasante majorité de ses 601 membres. Seuls quatre députés ont refusé l’établissement de la République.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, une foule s’est rassemblée dans les rues pour fêter l’avènement de la République, les Népalais célébrant par des chants et des danses leur passage du statut de sujets du roi à celui de citoyens à part entière. Les catholiques – qui ne sont que 7’500 sur environ un million de chrétiens de ce pays à plus de 80% peuplé d’hindous – se sont joints à la foule en liesse pour fêter l’événement.

Depuis près de 240 ans, la monarchie népalaise, la seule royauté hindouiste au monde, régnait sur ce pays de 28 millions d’habitants. La proclamation par l’Assemblée constituante du Népal comme «Etat indépendant, indivisible, souverain, laïc» et «République démocratique» parachevait ainsi la transition issue de l’accord de paix signé en 2006 entre les principaux partis politiques et la guérilla maoïste. Cette accord avait mis fin à une guerre civile ayant causé la mort d’au moins 13’000 personnes depuis 1996. Le roi déchu Gyanendra doit maintenant quitter le palais royal de Narayanhiti dans les 15 jours, et cette demeure devrait être transformée en musée.

Le temps de la monarchie est passé

Notons que Mgr Anthony Francis Sharma, quand il n’était que séminariste dans les années 60, a enseigné dans le Collège jésuite de St-Joseph à Darjeeling, en Inde voisine, où étudiaient alors le futur roi Gyanendra et son frère Birendra Shah. Le prélat a relevé que si c’est un jour triste pour la monarchie, «c’est en fait triste qu’elle n’ait pas vu que son temps était passé».

Les chrétiens n’ont la liberté de pratiquer leur foi au Népal que depuis 1991, quand une nouvelle Constitution a établi la liberté religieuse et changé la monarchie absolue en monarchie constitutionnelle. Auparavant, les conversions étaient considérées comme illégales dans le royaume hindou, et les tentatives de convertir les fidèles d’une autre religion étaient considérées comme un crime punissable de la prison. Notons que le Conseil interreligieux du Népal, qui rassemble des bahaïs, des bouddhistes, des chrétiens, des hindous, des musulmans et d’autres groupes religieux, ont également salué la proclamation de la République et l’assurance que la liberté religieuse sera garantie pour tous. (apic/ucan/be)

30 mai 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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