Civils pris entre extorsions des rebelles et rétorsions de l’armée
Népal: Un envoyé de l’Onu dénonce le recours systématique à la torture
Katmandou, 18 septembre 2005 (Apic) «La police et l’armée royale du Népal torturent et maltraitent systématiquement – et de façon ’normale’ – les prisonniers afin de leur extorquer des confessions et des informations». C’est ce que dénonce l’envoyé de l’Onu Manfred Nowakau terme d’une visite d’une semaine au Népal pour vérifier l’état des droits de l’homme dans ce pays en proie à neuf années de conflit maoïste.
Des groupes de la société civile népalaise et internationale ont dénoncé à plusieurs reprises la détérioration dramatique des droits de l’homme au Népal depuis le début du conflit en 1996, relève l’agence catholique Misna. Les victimes se trouvent parmi les prisonniers, tout comme dans le reste de la population civile, objets des extorsions des rebelles et des rétorsions de l’armée. D’autre part, le nombre de plaintes de disparitions de personnes suite à leur arrestation a augmenté. L’insurrection maoïste, surnommée la ’guerre du peuple’ par les guérilleros, a fait plus de 12’000 victimes, dont les trois quart au cours de ces trois dernières années, des civils en majorité.
Selon les informations recueillies par Manfred Nowak, le plus grand expert en tortures des Nations unies, les prisonniers seraient liés ou pendus à un piquet, frappés à coups de bâtons de bambou ou de tubes de plastique, surtout sous la plante des pieds. Ils seraient aussi liés et leurs yeux bandés pendant plusieurs jours et recevraient des décharges avec des fils électriques liés aux oreilles. Pour Novak, les informations recueillies ne représenteraient que «la pointe de l’iceberg» du phénomène. Le porte-parole de l’armée a répondu à ces accusations, niant que la torture est «systématiquement appliquée».
L’expert de l’Onu a également eu des mots durs à l’égard des rebelles maoïstes. D’après des preuves du bureau de Katmandou de la Commission Onu pour les droits de l’homme, les guérilleros frapperaient durement les personnes qu’ils capturent et leur infligent des amputations, du pouce en général.
Le 3 septembre dernier les rebelles ont déclaré une trêve unilatérale de 3 mois à laquelle le gouvernement n’a pas encore répondu. (apic/misna/bb)




