Multiples sollicitations (250294)

Neuchâtel: 30 bougies pour le Centre social protestant de Neuchâtel

Neuchâtel, 25février(APIC) Le 12 juin 1963, le Centre social protestant

(CSP) du Canton de Neuchâtel était fondé par décision du Synode de l’Eglise

réformée neuchâteloise. Trente ans plus tard, le nombre de ses collaborateurs a quadruplé… et celui des sollicitations aussi! Les collaborateurs

du CSP n’ont pas attendu l’été prochain pour célébrer cet anniversaire et

lancer un nouvel appel à la solidarité vis-à-vis des plus démunis du canton. Le directeur du CSP, Francis Berthoud a fait le point en compagnie de

ses collaborateurs lors d’une conférence de presse, jeudi 24 février à Neuchâtel.

Le Centre social protestant neuchâtelois est né suite à une initiative

de la Commission sociale de l’Eglise réformée évangélique du canton de Neuchâtel (EREN) dans les années 50. Il s’agissait de doter l’Eglise d’un organisme capable de décharger les pasteurs de tâches sociales auxquelles ils

n’était pas préparés et de permettre à des gens peu intégrés aux paroisses

de bénéficier d’une forme de ministère de l’Eglise. On a alors défini le

champ d’action du CSP en souhaitant «répondre, pour l’amour du Christ, aux

détresses et aux problèmes sociaux de notre temps».

Le CSP s’est mis au travail dès octobre 1964 à Neuchâtel et à La Chauxde-Fonds. Au cours des années, cet organe social de l’Eglise a participé à

plusieurs réalisations (ouvertures de foyers pour adolescents en difficultés et de maisons pour personnes âgées). Il a contribué à la mise en place

de services susceptibles de venir en aide aux toxicomanes: Drop-In de Neuchâtel en 1974 et Communauté de La Jonchère en 1980. Cette dernière ayant

dû cesser son activité en 1981, le directeur du CSP déplore ce qui apparaît

«de plus en plus comme une erreur (…) puisque rien n’a été créé depuis

dans le canton pour répondre à un besoin évident».

Mais le CSP a également vu croître son activité dans le domaine de la

consultation conjugale. Il a en outre pris position en faveur des immigrés

et réfugiés, au fur et à mesure que le nombre de demandeurs d’asile a augmenté dans le canton.

Agir à titre préventif

Enfin le CSP s’est préoccupé de plus en plus des sollicitations dans le

secteur social, particulièrement dans les cinq dernières années. En effet,

suite à la réapparition du chômage, «le nombre de ceux qui sont confrontés

à des difficultés financières est de plus en plus important», constatent

les collaborateurs du CSP. C’est ainsi que, tirant les conclusions de leur

pratique quotidienne, ils ont tenté d’agir à titre préventif et de proposer

des solutions de portée générale.

Le CSP a ainsi rendu publique, en 1991, une enquête faite auprès de ceux

qui recourent à ses services, montrant que les revenus trop modestes se

trouvent confrontés à une lourde charge constituée par le loyer. Le CSP a

été conduit à proposer une aide personnalisée au logement, proposition qui

n’a pas connu beaucoup de succès auprès des autorités. Il a également contribué au plan romand à une campagne d’information concernant les méfaits

du petit crédit. La constatation du nombre de personnes vivant en situation

précaire amène de plus en plus le CSP à sensibiliser la population, afin

qu’elle soit disposée à des sacrifices financiers qui permettent d’améliorer la sécurité sociale des plus démunis. Comme le souligne Francis Berthoud: «En fonction des situations que nous rencontrons, nous sommes appelés

à faire des constats et à témoigner, puis à faire des suggestions. C’est

pourquoi nous nous devons d’animer le débat pour faire réfléchir la population et progresser la législation.»

La principale manifestation prévue par les responsables du CSP pour fêter son 30e anniversaire va bien dans cette direction, puisque, outre une

fête au Louverain prévue le 11 septembre, un débat est agendé pour le 10

mars prochain. Présidé par l’ancien président du Conseil synodal de l’EREN,

le pasteur Michel de Montmollin, il verra la participation des conseillers

nationaux François Borel et Rolf Graber qui s’exprimeront sur le thème:

«Maintenir les acquis sociaux, comment?»

Le budget du CSP neuchâtelois: de l’équilibre à l’incertitude

Dans l’ensemble, les comptes du Centre social protestant du canton de

Neuchâtel ont pu être équilibrés ces 5 dernières années. La diminution importante des bénéfices du secteur «ramassage» – qui ont passé de 205’000

francs en 1991 à 130 000 francs en 1993 – a été en partie compensée par

l’augmentation des dons. Mais les subventions de l’Etat se trouveront réduites de 10 % en 1994, suite à la décision du Grand Conseil neuchâtelois

en novembre dernier. Et les collaborateurs du CSP connaissent eux-mêmes une

diminution de leurs acquis sociaux, puisqu’ils ont dû renoncer au 13e salaire, à l’exception du personnel administratif.

C’est que, contrairement aux CSP genevois ou vaudois, le Centre social

protestant de Neuchâtel ne constitue pas une association mais dépend de

l’Eglise réformée neuchâteloise, et se conforme donc aux normes salariales

de l’EREN. En outre, les responsables du CSP craignent d’importants déficits dès 1994, sauf si l’organe social de l’Eglise bénéficie de nouveaux

legs. C’est pourquoi ils comptent particulièrement sur la générosité de la

population à l’occasion de l’envoi, la semaine prochaine, du «tous-ménages»

qui appellera la population à la solidarité. (apic/spp/pr)

25 février 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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