Volonté de garantir le financement de la Pastorale des migrants
Neuchâtel: Assemblée plénière de la Conférence catholique romaine de Suisse
Zurich/Neuchâtel, 24 mars 2005 (Apic) L’assemblée plénière de la Conférence centrale catholique romaine de Suisse des 18 et 19 mars à Neuchâtel a traité 3 volets: le rapport entre politique et éthique, les mutations du paysage religieux suisse, l’engagement de la Commission Migratio.
Outre les objets usuels (rapport annuel, comptes et bilan), l’assemblée plénière de la Conférence catholique romaine de Suisse a abordé, les 18 et 19 mars à Neuchâtel, trois thèmes: les rapports entre convictions chrétiennes et politiques, l’analyse du recensement fédéral de la population 2000 et l’organisation de la pastorale des autres communautés linguistiques en Suisse.
Michèle Berger, ancienne conseillère aux Etats neuchâteloise et ancienne présidente de la Fédération catholique romaine neuchâteloise, a abordé le lien entre politique et éthique. Qu’il s’agisse d’interruption volontaire de grossesse, de loi sur les armes, d’utilisation de cellules souches pour la recherche ou de génie génétique, la politicienne a été confrontée à la nécessité de se forger une idée personnelle sur la question. Dans l’absolu, dit-elle, en politique on peut être amené à soutenir des projets qui ne correspondent pas entièrement à votre échelle de valeurs. Elle a ensuite enjoint les représentants de l’Eglise catholique à défendre activement des positions claires et compréhensibles, tout en respectant les choix des politiciens, rapporte le communiqué de la Conférence catholique romaine de Suisse.
Recensement fédéral et paysage religieux
Claude Bovay, professeur de la HES Santé-Social de Suisse romande, auteur d’une analyse du Recensement fédéral de la population 2000 pour l’Office fédéral de la statistique (Le Paysage religieux en Suisse), a résumé les grandes lignes de son étude. Une comparaison avec les chiffres de 1970 met en évidence les profondes mutations qui se sont produites, note-t-il. Il a relevé les différences considérables entre ville et campagne en matière de pluralisme religieux ainsi que dans le nombre des sans confessions. Il a noté que l’âge moyen et le nombre d’enfants chez les membres de l’Eglise catholique romaine correspondent à la moyenne de la population suisse. Il a mis en avant en outre le fait, dû à l’immigration, d’une évolution statistique qui se creuse entre l’Eglise réformée et l’Eglise catholique en Suisse
A propos de l’effectif croissant des personnes déclarant n’appartenir à aucune religion, Claude Bovay a souligné le phénomène culturel de la disparition des liens institutionnels avec une religion et du nombre croissant de simples «sympathisants» de l’Eglise. Il a aussi fait part de l’importance que revêt la mention de l’appartenance religieuse dans le cadre du recensement fédéral. Et cela, tout particulièrement en des temps où la politique et la société sont de plus en plus confrontées à des évolutions nouvelles dans le domaine religieux, constate-t-il.
Pour ce qui est de l’avenir de l’Eglise catholique dans le paysage religieux suisse, celui-ci dépendra fortement de l’évolution de la société, a-t-il noté. A ses yeux, rapporte le communiqué, des possibilités d’infléchir le cours des choses, afin entre autres de freiner la tendance culturelle à la dissolution du lien avec l’Eglise.
Pastorale des minorités linguistiques: un budget de 4 M
Dans le domaine de la pastorale des minorités linguistiques, la Conférence des évêques suisses et les organisations ecclésiastiques cantonales collaborent étroitement. Elles le font dans le cadre de Migratio, la Commission pour les migrants, ainsi que l’Office qui lui est subordonné, à Lucerne. Ces deux organismes assument également des tâches importantes dans le domaine de l’engagement de prêtres et d’assistants pastoraux d’origine étrangère, ainsi que celui du financement de la pastorale des minorités linguistiques.
Pour ce financement, Migratio dispose d’un budget de 4 millions de francs environ, ainsi que d’un montant de 500’000 francs pour le fonctionnement de son office central. Ces sommes sont couvertes quasi exclusivement par les organisations ecclésiastiques cantonales.
Sur la base d’une analyse du fonctionnement de l’institution, et en accord avec la Conférence des évêques suisses et Migratio, les délégués à la Conférence centrale ont souhaité que les améliorations nécessaires se traduisent «concrètement». Ainsi, les organisations ecclésiastiques cantonales n’entendent pas relativiser l’importance de la pastorale des migrants. Au contraire, leur volonté est de coordonner plus étroitement cette tâche et d’en garantir le financement.
Intensification de la collaboration avec la Conférence des évêques
A l’avenir un membre de la présidence de la Conférence des évêques suisses sera chargé du contact avec la Conférence centrale. Afin de permettre une meilleure compréhension entre les deux organismes.
Finances des Eglises cantonales: stagnation voire recul
Dans les rapports sur la situation financière dans les cantons, on relève une évolution positive en 2004 pour plusieurs d’entre eux. Néanmoins, globalement, la tendance est à la stagnation, voire au recul. Le communiqué de la Conférence centrale constate «avec inquiétude» que dans plusieurs cantons, des interventions politiques visent à réviser le régime d’imposition des personnes morales. Il ajoute qu’»étant donné qu’en maints endroits, les recettes fiscales perçues sur les personnes morales servent à la péréquation financière entre les communes ecclésiastiques ainsi qu’au financement de tâches de l’Eglise au niveau cantonal, les changements réclamés risquent de nuire, non seulement au financement de l’Eglise mais encore à la solidarité au sein même de celle-ci». (apic/com/vb)




