Le fondateur de la communauté de Taizé assassiné le 16 août 2005
Neuchâtel: La communauté des soeurs de Grandchamp commémore le Frère Roger
Berne, 17 août 2006 (Apic) La Communauté des soeurs de Grandchamp, à Areuse, près de Neuchâtel, a célébré mercredi soir la mémoire de Frère Roger, le fondateur de la communauté de Taizé assassiné le 16 août 2005. Il a été poignardé par une déséquilibrée roumaine au cours de la prière du soir dans l’église de la Réconciliation de Taizé, village de Bourgogne, en France.
Le pasteur Thomas Wipf, en sa qualité de président du Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), a souligné lors de cette prière commémorative la signification de l’action de Frère Roger pour l’oecuménisme, et rendu hommage à l’oeuvre et à la vie du disparu.
Les soeurs de Grandchamp doivent beaucoup à Frère Roger
C’est vers les années 30 que quelques femmes de l’Eglise réformée de Suisse romande retrouvent l’importance du silence pour leur vie de foi, pour laisser résonner en elles la Parole et lui permettre de porter son fruit dans la vie quotidienne. Elles préparent, d’abord une fois par an, des retraites spirituelles qui ont lieu dans une maison à Grandchamp, près de Neuchâtel, et qui, peu à peu, se multiplient et s’élargissent. Finalement c’est en 1952 que les premières soeurs de Grandchamp s’engagent pour la vie, en adoptant peu après la règle et l’office de Taizé, base de la vie commune et liturgique. Les soeurs de Grandchamp rappellent qu’elles doivent beaucoup à Frère Roger pour leur vocation.
Roger Schutz, théologien réformé, était pasteur protestant de l’Eglise réformée évangélique du canton de Neuchâtel (EREN) avant de fonder en 1949 la Communauté de Taizé dans le village bourguignon du même nom. Il est resté toute sa vie étroitement lié à l’Eglise neuchâteloise et en particulier à la communauté des soeurs de Grandchamp.
La communauté a été fortement marquée par Taizé dans sa manière de pratiquer la foi. Cela se manifeste tant dans ses chants que dans l’ouverture témoignée aux personnes extérieures. C’est pourquoi les soeurs de Grandchamp ont voulu prendre une grande part à la commémoration de la mort de Frère Roger. En même temps la communauté de Taizé célébrait un culte commémoratif. La présence d’Isabelle Ott-Bächler, présidente du Conseil synodal de l’EREN, à cette célébration témoigne du lien de cette Eglise avec le disparu et son oeuvre.
Taizé est un symbole sur la voie de l’oecuménisme qui déploie ses effets au niveau mondial. Thomas Wipf a caractérisé en ces mots la signification de Frère Roger et de Taizé: «L’action de Frère Roger constitue l’une des plus belles pages de l’histoire de l’oecuménisme en Suisse. A travers lui, le mouvement de Taizé a éveillé dans un large public l’intérêt pour la vie monacale et la spiritualité qui y est vécue. La liturgie et les chants de Taizé permettent à des personnes issues d’Eglises très différentes d’accéder d’une manière nouvelle à la foi chrétienne».
L’unité dans la diversité, voilà ce qui a toujours tenu à coeur à Frère Roger. Même après sa mort, la Communauté oecuménique de Taizé vit ce credo. Elle attire chaque année des milliers de jeunes, de Suisse aussi, qui vivent leur spiritualité en commun. En sa qualité d’oasis de paix et de force, Taizé suscite des rencontres hors du commun, souligne pour sa part la Fédération des Eglises protestantes de Suisse. JB
A l’origine de Taizé, des protestants suisses
Parmi les premiers Frères qui s’installèrent sur la colline de Taizé dans les années 40, on rencontre des Suisses: Frère Roger – de son vrai nom Roger Louis Schutz-Marsauche, un fils de pasteur protestant – vient de Provence, au pied du Jura vaudois. Deux étudiants de Genève devinrent plus tard les deux premiers compagnons de Frère Roger: Max Thurian qui étudiait la théologie, et Pierre Souvairan, l’agronomie. Parmi les Frères de la première génération, les Allemands et les Français étaient d’emblée présents, et ils restent encore aujourd’hui les plus représentés. (apic/com/feps/be)



