Des panneaux et un spectacle mobilisateurs
Neuchâtel: La JEC romande sensibilise le public au surendettement des pays pauvres
Neuchâtel, 21 mai 2000 (APIC) La Jeunesse étudiante chrétienne (JEC) romande, avec le soutien de l’Action de Carême, ont manifesté samedi après-midi à Neuchâtel leur appui aux campagnes menées dans le monde pour effacer la dette extérieure des pays pauvres. Une manière de sensibiliser, loin des discours dogmatiques, les nombreux passants de la place des Halles, près du lac de Neuchâtel, sur ce thème de la JEC pour l’an 2000.
Durant une heure complète, 50 jécistes, tous habillés en noir, maquillés d’un masque blanc, dans un carré parfait prenant toute l’étendue de la place, ont tenu chacun un panneau. Tantôt dans leur dos, tantôt devant eux. Tous les quarts d’heures, le son d’un gong grave faisait modifier la position des manifestants. Un silence impressionnant, des regards immobiles mais convaincants ont donné à cette heure d’action une densité très spectaculaire. Un passant a murmuré. «Magnifique, ce que ces jeunes font sur cette place. Cà a beaucoup plus d’impact qu’un ennuyeux discours».
Des gens de Neuchâtel, mais aussi des touristes, eux aussi en silence, se sont approchées du carré, sobre et coloré à la fois, pour lire les slogans et les statistiques, voire les caricatures inscrites ou dessinées sur les panneaux. Quatre axes, chacun avec sa couleur, expliquaient l’historique de la dette, les chiffres des pays les plus endettés, la place de la Suisse envers la question de la dette extérieure. Egalement des propositions, des solutions esquissées.
D’autres personnes, solidaires avec la JEC, ont distribué durant ce temps des tracts qui expliquaient le sens de cette mobilisation. Un stand d’information, sur un autre bout de la place, permettait aussi aux passants de réagir ou de poser des questions.
Un spectacle contrasté et percutant
La JEC aime le militantisme et l’interpellation . Elle aime aussi la fête. Les membres du mouvements et leurs amis se sont retrouvés le soir à la salle des loisirs de la Cité universitaire. Pour y savourer les magnifiques contes africains de Berthé Neuhaus, une Malienne habitant Bienne. Saveur des mots, humour, beauté des contes, musique et refrains très évocateurs. Le public était sous le charme. La conteuse, tout en finesse dans son discours truculent ou murmuré, était accompagnée d’un balafoniste.
L’autre partie du spectacle était d’un tout autre genre. Le chanteur genevois Sarcloret, Saclo pour les intimes, souvent sarcastique et irrévérentieux, même avec Dieu, n’a pas peur des gros mots. Ses chansons laissent pourtant un message criant de vérité. Après l’injure ou l’ironie mordante, des moments de tendresse pure. De nombreux rappels ont signifié qu’il avait touché juste. Comme l’ensemble de la journée neuchâteloise de la JEC romande. (apic/ba)



