Le Saint-Siège condamne la violence sexuelle à l’égard des femmes

New York: 50e session de la Commission de la condition de la femme

Rome, 3 mars 2006 (Apic) Le Saint-Siège a fermement condamné la violence sexuelle à l’égard des femmes ainsi que l’exploitation industrielle du sexe, lors de la 50e session de la Commission de la condition de la femme (CCF), réunie à New York du 27 février au 10 mars 2006.

«Le Saint-Siège condamne à nouveau vigoureusement la violence sexuelle dont les femmes et les filles sont fréquemment l’objet et encourage l’adoption de lois qui les défendront efficacement d’une telle violence», a ainsi lancé jeudi Marilyn Martone, membre de la délégation du Saint-Siège auprès des Nations Unies. «Au nom du respect dû à la personne humaine, a-t-elle déclaré, nous ne pouvons pas ne pas condamner la culture répandue qui encourage l’exploitation systématique de la sexualité et corrompt des filles même très jeunes à laisser leurs corps utilisés au bénéfice d’une industrie mondiale de 3 milliards de dollars».

La représentante du Saint-Siège a aussi dénoncé «l’impact particulièrement négatif» du trafic des êtres humains sur les femmes, notant que, «dans certains cas, des femmes et des filles sont exploitées presque comme des esclaves dans leur travail, et fréquemment dans l’industrie du sexe».

Marilyn Martone a ensuite soutenu que «la culture qui encourage l’exploitation systématique de la sexualité» était «aussi dominante qu’elle est malsaine pour la société» et devait «être abordée avec plus que des mots». Notant que, «dans les conflits armés, les femmes et les filles sont également victimes de viols systématiques à des fins politiques», la déléguée du Saint-Siège a déclaré que «ceux qui laissent, encouragent ou commandent de tels actes méritent des sanctions autant que les responsables immédiats de ces crimes».

Politique à revoir

Au début de son intervention, Marilyn Martone a aussi souligné «le progrès accompli en faveur des femmes» lors des discussions de la Commission, tout en regrettant «les reculs dans certains domaines». Elle s’est félicitée entre autres de la «place croissante» des femmes dans le monde politique.

La représentante du Saint-Siège a cependant invité les Nations Unies à persuader «toutes les personnes de travailler pour l’avancement véritable des femmes», constatant que «tous ceux qui veulent favoriser le progrès des femmes doivent le rechercher par la force morale de leurs arguments». Selon elle, «il reste des défis évidents pour les femmes et les filles dans les pays touchés par des conflits armés, la pauvreté, ou tous les deux».

Evoquant le «succès notable» des financements de projets par le biais des micro-crédits, et leur «impact particulièrement positif» pour les femmes, Marilyn Martone a noté combien il était «encourageant de voir la patience, l’honnêteté et le travail dur des femmes pauvres récompensées de cette façon dans de nombreux endroits». En conséquence, elle a demandé aux membres des Nations Unies d’être attentifs à «la réforme des structures qui aidera à son tour à la diffusion et au succès de nouvelles initiatives dans ce domaine».

Constatant que «les femmes vivent toujours généralement plus longtemps que les hommes», la déléguée du Saint-Siège a souhaité que «les politiques à l’égard des femmes âgées soient réétudiées». Elle a aussi noté que, dans les phénomènes de migrations, «les femmes deviennent la principale source de revenu de leur famille» et demandé qu’un «traitement juste» leur soit assuré, en plus «du respect pour leur féminité».

Davantage de participation de la femme

La Commission de la condition de la femme (CCF) a entamé depuis le 27 février sa 50e session sur «la participation égale des femmes et des hommes dans les processus de prise de décision» et «le renforcement de la participation des femmes au développement». La Commission discutera également du bien-fondé de désigner un rapporteur spécial chargé d’examiner les lois discriminatoires à l’égard des femmes. Plus de 50 ministres ou hauts fonctionnaires, ainsi qu’environ 3’000 représentants d’Organisation non-gouvernementales participent à cette session qui s’achèvera le 10 mars.

La CCF, créée en juin 1946, est chargée de formuler des recommandations au Conseil économique et social (ECOSOC), sur la promotion des droits de la femme dans le domaine politique, économique, civil et social. Elle est aussi chargée d’attirer l’attention sur des problèmes urgents concernant les droits de la femme et nécessitant une attention immédiate. (apic/imedia/ami/pr)

3 mars 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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