New York: Colloque à l’ONU sur l’encyclique «Pacem in Terris»,
Un document publié il y a 40 ans par le pape Jean XXIII
Rome, 10 octobre 2003 (Apic) Un symposium pour fêter le 40e anniversaire de la publication de cette encyclique «Pacem in Terris», a été organisé au siège de l’ONU par la Mission permanente du Saint-Siège à New York, en collaboration avec le Conseil pontifical Justice et Paix et la Fondation américaine «Path to Peace». L’initiative a été saluée par le secrétaire général Kofi Annan, qui a pris la parole.
Alors que «l’homme est tenté d’avoir recours à la violence pour résoudre les controverses», «le Saint-Siège a toujours remis en question et réfuté cette sorte de logique». Tel est le concept énoncé par Mgr Jean- Louis Tauran dans un discours lu à New York le 7 octobre à l’occasion de la célébration à l’ONU du 40e anniversaire de l’encyclique du pape Jean XXIII «Pacem in Terris». Pour sa part, Mgr Raffaelle Martino, veut renforcer le pouvoir de l’ONU.
Le cardinal de New York, Edward Egan, et le président du Conseil pontifical Justice et Paix, Mgr Renato Martino, sont également intervenus. La conférence principale avait été confiée à Mgr Jean-Louis Tauran, «ministre sortant» des Affaires étrangères du Vatican, qui n’a pu se rendre en personne à New York mais dont le discours a été lu par l’observateur permanent du Saint-Siège, Mgr Celestino Migliore, et publié le 10 octobre dans L’»Osservatore Romano».
«Pendant près de 13 ans, j’ai eu le privilège de collaborer étroitement avec le pape Jean Paul II dans son ministère en faveur de la paix et j’ai toujours senti en lui ce désir de former les hommes politiques, les leaders mondiaux et les citoyens à la paix», écrit Mgr Tauran. «Les grandes crises internationales, passées et présentes, ont toutes démontré que l’homme est tenté, encore aujourd’hui, d’avoir recours à la violence pour résoudre les controverses. Le Saint-Siège a toujours remis en question et réfuté cette sorte de logique», affirme le prélat français qui ne manque pas de rappeler «l’engagement» du Saint-Siège dans les conflits de l’ex-Yougoslavie et au Proche-Orient.
Dynamique léguée
Pour Mgr Tauran, «la dynamique obligatoire» est de «s’écouter, dialoguer, négocier, respecter la loi, travailler à la paix» et cette dynamique «nous a été léguée par l’encyclique Pacem in Terris».
Pour sa part, le président du Conseil pontifical Justice et Paix a exprimé en fin de colloque l’importance d’une organisation comme celle des Nations Unies. «Nous devons toujours tenir compte du fait que, derrière l’ONU, il y a l’unité des peuples et des personnes. En ce sens, on ne peut renoncer à faire référence à l’ONU ni regretter le temps où l’organisation n’existait pas ou comptait un nombre limité de membres». Si L’ONU ou toutes autres organisations internationales ont des «limites» et manifestent des «insuffisances pour accomplir leur mission», reconnaît Mgr Renato Martino, «ces insuffisances ne peuvent cependant pas nous induire à en redimensionner l’importance. Bien au contraire, il faut oeuvrer avec réalisme et bon sens, avec une certaine dose de courage créatif, afin de renforcer l’ONU et mettre en adéquation la structure et l’objectif élevé qu’elle s’est fixé».
Quatre directions
Pour faire face à ces insuffisances, Mgr Martino, qui a été observateur permanent du Saint-Siège à New York pendant 16 ans avant d’être nommé en novembre 2002 président du Conseil Justice et Paix, propose alors quatre directions: «Un recours plus convaincu au principe de subsidiarité pour une gouvernance globale réelle»; «une mise en place graduelle de réformes qui valorisent le multilatéralisme»; «une réforme de la structure de l’ONU dans ses relations réelles avec les Etats»; et enfin «une action pédagogique efficace pour stimuler les organismes internationaux et l’ONU».
En ce qui concerne le principe de subsidiarité, le prélat italien estime qu’»il est urgent de créer un système articulé d’autorité si on entend poursuivre l’objectif, sur le plan international, d’une plus grande influence de son autorité». «Il ne s’agit pas, a expliqué Mgr Martino, de rédiger la Constitution d’un super-Etat ni d’un super-tribunal mais de continuer à approfondir un processus déjà en place de ré-évaluation des différents niveaux d’autorité».
Point de départ
Quant à «la révision de la structure même de l’ONU qui reflète la situation internationale de l’après-guerre», a souligné Mgr Martino, «il faut trouver le moyen qui permette à tous les Etats membres de l’ONU d’obtenir des garanties suffisantes en faveur du respect de leurs intérêts, d’être écoutés et, en même temps, d’être tous soumis au principe de la dignité de toute nation et peuple».
«On ne peut faire abstraction de l’ONU, cette organisation internationale qu’il faut considérer comme un point de départ, tout comme un point d’arrivée», a conclu le président du Conseil pontifical Justice et Paix qui sera créé cardinal le 21 octobre prochain. «C’est un point d’arrivée car la communauté internationale se construit bien avant que se nouent les relations diplomatiques entre états, explique-t-il. C’est aussi un point de départ car elle peut exercer un rôle plus que symbolique et très pédagogique pour la promotion de relations authentiques, dans le respect de la subsidiarité». (apic/imedia/pr)



