Le Saint-Siège veut un désarmement général complet

New York: Conférence sur le désarmement nucléaire à l’ONU

New York, 21 octobre 1998 (APIC) Le Saint-Siège veut un désarmement nucléaire général et complet, a plaidé Mgr Renato Martino, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU à New York. Au cours de son intervention, lundi 19 octobre, il a proposé la convocation d’une conférence internationale sur ce thème sur le désarmement nucléaire.

Le Saint-Siège souhaite des progrès rapides vers l’abolition des armes nucléaires, leur mise hors la loi générale, avec la mise en oeuvre d’un système d’inspections régulières par une autorité internationale, a-t-il déclaré.

Dans sa déclaration sur le «désarmement général et complet», le prélat a exprimé sa satisfaction pour les progrès faits sur ce terrain, en particulier à propos du traité contre les mines terrestres anti-personnel, ratifié par le Saint-Siège, qui invite les autres pays à en faire autant.

Mgr Martino s’est félicité des efforts en vue de réduire le flux des armes légères et les dépenses destinées à l’armement, au profit de programmes de développement. Il a demandé des mesures plus efficaces contre le trafic international des armes, qui alimente, «sans scrupules, la violence et l’instabilité».

Le prélat a encore dénoncé la présence de quelque 30’000 engins nucléaires, qui constituent, a-t-il souligné, un «grave danger pour l’humanité, et un risque inacceptable de catastrophes accidentelles ou d’actes de terroristes». Il a invité les puissances nucléaires à prendre des initiatives concrètes, immédiates, sans équivoques, et proposé, dans un premier temps, que les détenteurs d’armes nucléaires s’engagent à ne jamais en faire usage en premier.

Enfants-soldats: plus jamais

Mgr Martino a par ailleurs lancé un appel pour la «démobilisation immédiate» et la réintégration dans la société des enfants combattants dans les conflits armés. Au cours de son intervention faite le lendemain lors de la session consacrée à «la promotion et à la défense des droits des enfants», l’observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU a demandé d’apporter à ces enfants-soldats les traitements psychologiques et l’accompagnement nécessaire. Il a réclamé l’interdiction d’enrôler des enfants dans les conflits armés ainsi qu’un action concertée des pays.

Selon les chiffres de l’ONU (Conseil de Sécurité, 29 juin 1998) cités par Mgr Martino, les enfants souffrent actuellement des conflits armés dans 50 pays du monde, ce qui représente en tout dans le monde 50 millions d’enfants victimes des conflits. Au cours de la dernière décade 2 millions d’enfants ont été tués, plus d’un million sont devenus orphelins, 6 millions ont été sérieusement blessés ou restent handicapés à vie, 12 millions se sont retrouvés sans maison, 10 millions souffrent de traumatismes psychologiques graves. La moitié des personnes réfugiées ou déplacées sont des enfants, et 250’000 enfants servent sous les armes. Ces chiffres constituent une «abomination» pour le représentant du Saint-Siège.

Mgr Martino a encore demandé le retour et la réinstallation dans leur pays d’origine des enfants déplacés ou réfugiés, ainsi que la mise en oeuvre de l’aide médicale d’urgence nécessaire et de structures d’éducation. Il a enfin rappelé que 800 enfants sont victimes chaque mois des mines terrestres anti-personnel, et souligné l’urgence de la mise en place de l’accord d’Oslo du 18 septembre 1997 ratifié par le Saint-Siège le 18 février dernier, pour empêcher la mort et la mutilation de milliers d’innocents. (apic/imed/pr)

27 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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