Le Saint-Siège demande de protéger les droits de l’homme
New York: Intervention de Mgr Migliore dans le débat sur le terrorisme
Rome, 17 octobre 2006 (Apic) L’observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies, Mgr Celestino Migliore, a rappelé que la protection des droits de l’homme était «l’objectif premier de toute stratégie anti-terroriste».
Le diplomate du Saint-Siège s’est exprimé le 16 octobre 2006, à New York, lors du débat sur les ’mesures visant à éliminer le terrorisme international’ précédant la réunion de la 6e commission de la 61e session de l’Onu.
Au nom du Saint-Siège, le prélat a souligné que «la stratégie anti-terroriste» ne devait pas «sacrifier les droits de l’homme au nom de la sécurité», rappelant aussi que, face au terrorisme, «des mesures légales ou des armes ne sont pas suffisantes». Ainsi, dans une référence implicite à la politique des Etats-Unis, Mgr Migliore a demandé à ce que les terroristes, même si «ils s’attaquent à la vie humaine et à sa dignité», soient traités dans le cadre de leur arrestation selon «les lois internationales et les droits de l’homme».
Le diplomate a ainsi appelé à «répondre par des instruments culturels capables de convaincre que les alternatives non-violentes existent pour juguler les conflits en cours». Mgr Migliore a ainsi souligné l’importance du dialogue interreligieux et expliqué que la lutte contre le terrorisme devait s’engager pour «soulager les situations d’oppression et de marginalisation qui facilitent les desseins des terroristes». En effet, il est «largement reconnu que le recrutement des terroristes» est «plus facile dans les situations où les droits sont piétinés et les injustices tolérées». Il a alors condamné «la revendication du terroriste d’agir de la part du pauvre» et a qualifié cette attitude de «mensonge évident».
Mgr Migliore a enfin demandé que la Convention sur le terrorisme international intègre le fait qu’»aucune raison, aussi juste soit elle, ne peut excuser ou légitimer le meurtre délibéré ou la mutilation de populations civiles».
Les Etats-Unis s’assoient sur les Conventions de Genève
Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, le Congrès américain a voté une loi visant à la légitimation de la torture, de la détention sans limite et sans inculpation de ressortissants étrangers résidant ou non aux Etats-Unis. L’utilisation de preuves indirectes ou obtenues par la torture sont désormais autorisées.
La loi confère au président des Etats-Unis l’autorité pour «interpréter la signification et l’application des conventions de Genève». L’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) a d’ores et déjà indiqué avoir des preuves que des agents fédéraux ont perpétré de nombreuses violences contre des détenus étrangers. (apic/imedia/pad/pr)



