New York: Le cardinal Egan sous le feu de la critique: il a mal géré des cas de pédophilie

Il dénonce l’»abomination» des abus sexuels contre les enfants

New York, 21 mars (APIC) Le cardinal de New York Edward M. Egan a qualifié mercredi 20 mars d’»abomination» les abus sexuels commis contre les enfants. Sous le feu de la critique médiatique pour avoir mal géré des cas de pédophilie au sein de son clergé, il a promis de publier une lettre pastorale comprenant un aperçu détaillé de la manière dont l’archidiocèse de New York répond aux accusations d’abus sexuels.

La déclaration du cardinal archevêque de New York, longue d’une page, fait suite à un flot d’articles de presse mettant en question la façon dont il avait traité dans le passé des allégations d’abus sexuels contre des mineurs visant son clergé, alors qu’il était évêque de Bridgeport, dans le Connecticut.

On lui reproche son manque de détermination et son scepticisme face à des accusations concernant des prêtres du diocèse de Bridgeport et de ne pas avoir exclu des prêtres abuseurs de ministères pastoraux. La presse cite le cas du Père Raymond Pcolka, de Greenwich, au Connecticut, qui a pu rester en place malgré une dizaine de dénonciations d’abus sexuels contre des enfants. Le prêtre n’a pas été suspendu avant l’année 1993 alors qu’il refusait un traitement psychiatrique.

De plus, Robert Morgenthau, procureur du District de Manhattan, a demandé à l’archidiocèse de New York de lui communiquer toutes les allégations en sa possession concernant des abus sexuels contre des mineurs. Il réclame également les dossiers anciens.

Dans l’Etat voisin du Connecticut, où le cardinal Egan a été évêque avant d’être promu à New York en mai 2000, les procureurs ont fait de même pour tous les cas remontant aux cinq dernières années. Dans l’ensemble des Etats-Unis, les évêques catholiques sont en train de revoir les dispositions prises pour lutter contre le fléau de la pédophilie et publient des directives plus strictes concernant les prêtres reconnus coupables.

L’histoire de vies ruinées «crie vengeance au ciel»

Ainsi, à Chicago, où feu le cardinal Joseph L. Bernardin avait développé en 1992 l’un des plus vastes programmes contre les abus aux Etats- Unis, le cardinal Francis E. George a souligné que l’histoire des vies ruinées racontée par les victimes d’abus commis par des membres du clergé «crie vengeance au ciel». Le cardinal George a fait réimprimer les directives de 1992 dans l’édition du 17 au 30 mars du journal de l’archidiocèse de Chicago, «The Catholic New World».

Le cardinal de Chicago résume lui-même les éléments clés de la politique actuelle qui semble bien fonctionner. Mais à la lumière des scandales qui éclatent un peu partout, il a demandé de revoir son application de façon encore plus critique, afin de tout faire ce qui est administrativement possible pour protéger les enfants et les adolescents.

A Baltimore, le cardinal William H. Keeler a fait de même avec les directives de 1993 et les a fait publier dans la dernière édition de la «Catholic Review». Il a reconnu, au vu des révélations de la presse, que «les temps sont durs pour notre Eglise». A Saint-Louis, l’archevêque Justin F. Rigali a reconnu que la période actuelle était la plus difficile en 16 ans et demi d’épiscopat. Il a rappelé avoir déplacé deux pasteurs en vertu de nouveaux standards plus stricts interdisant le retour dans un ministère paroissial de prêtres ayant commis des abus sexuels. Mgr Michael A. Saltarelli, évêque de Wilmington, dans le Delaware, a exprimé publiquement ses excuses pour toute erreur de jugement faite par les autorités de l’Eglise dans le passé en réaffectant dans des paroisses des prêtres coupables d’abus. «Comme nous le savons, dans de nombreux cas, ces déplacements n’ont fait que de faire de nouvelles victimes et aggraver le dommage», a-t-il déclaré.

Deux prêtres pris dans l’Opération «Candyland»

D’autre part, le FBI, la police fédérale américaine, a révélé qu’au moins deux prêtres catholiques font partie des 89 personnes appréhendées dans le cadre de l’Opération «Candyland» visant à démanteler la pornographie enfantine sur internet aux Etats-Unis. Selon l’agence de presse catholique américaine CNS, un des prêtres a été identifié comme le Père Thomas A. Rydzewski, vicaire à la cathédrale de «Marie Notre Reine» à Baltimore au moment de son arrestation en décembre dernier. L’autre prêtre serait, selon la presse, le Père John Hess, de l’archidiocèse de Saint- Louis, mais aucune charge n’était retenue contre lui au moment où le FBI a révélé le 18 mars le résultat de son coup de filet. (apic/cns/be)

21 mars 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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