Les faibles et les innocents ne doivent pas payer pour les autres

New York: Le représentant du pape dénonce devant l’ONU les sanctions économiques

New York 19 octobre 1999 (APIC) Pour le Saint-Siège, les sanctions économiques imposées par l’ONU pour punir les régimes qui ne suivent pas ses instructions «sont une provocation dont les conséquences sont inhumaines et immorales». C’est ce qu’a rappelé à New York, le 19 octobre, Mgr Renato Martino, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations-Unies, dans le cadre de la 54ème session de l’Assemblée Générale de l’ONU. Sans citer nommément l’Irak, où le pape devrait se rendre en décembre, le représentant du Vatican a invité les responsables de l’ONU à ne pas faire payer les innocents.

Pour Mgr Renato Martino, si des mesures précises contre des pays peuvent être «inévitables et justifiables» quand leurs leaders «représentent une menace contre la paix et la sécurité internationales», les sanctions économiques affectant une population entière en général, et les groupes les plus vulnérables en particulier, demandent une attention spéciale et une considération différente. «Les faibles et les innocents ne peuvent pas payer pour des fautes dont ils ne sont pas responsables», a affirmé le représentant du Saint-Siège. Les mesures imposées par les Nations-Unies «ne devraient pas causer la famine et la mort de quiconque dans le monde», ni nuire à la santé ou à l’éducation des enfants. «Une provocation ayant de telles conséquences est inhumaine et immorale», a affirmé Mgr Martino.

Si l’archevêque n’a pas cité explicitement l’Irak au cours de cette intervention, l’allusion à l’embargo imposé au régime de Saddam Hussein n’a pas manqué d’être relevée. L’Irak est ces jours-ci au centre des intérêts du Saint-Siège. Le 20 octobre, on soulignait au Vatican que les difficultés subsistent quant au projet de voyage de Jean-Paul II en Irak pour le début décembre, mais proviennent du gouvernement irakien lui-même, qui n’a toujours pas transmis d’invitation officielle au pape, plus que de l’opposition des Etats-Unis ou de l’Angleterre. (apic/imed/mp)

20 octobre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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