Intervention de Mgr Migliore à l’ONU

New York: Le Saint-Siège demande d’accélérer la lutte contre le commerce illicite des armes

Rome, 12 juillet 2005 (Apic) Le Saint-Siège a demandé le renforcement de la lutte contre le commerce illicite des armes légères mais aussi le terrorisme, le crime organisé et le trafic des personnes.

Le commerce illicite des armes légères est une menace, a estimé lundi à New York l’observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies, Mgr Celestino Migliore, lors d’une réunion bisannuelle visant à considérer l’accomplissement d’actions pour empêcher, combattre et éliminer le trafic illégal des armes légères et de petit calibre.

Au cours de cette session, qui a lieu à New-York du 11 au 15 juillet, Mgr Migliore a aussi appelé à la création d’un traité concernant le commerce des armes: «Le commerce illicite des armes légères et des petits calibres est une menace évidente à la paix, au développement et à la sécurité», a affirmé le chef de la délégation du Saint-Siège à l’ONU, Mgr Celestino Migliore. «C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, le Saint-Siège ajoute sa voix aux appels pour une approche commune, non seulement du commerce illicite des armes légères, mais aussi des activités qui y sont apparentées comme le terrorisme, le crime organisé et le trafic des personnes, sans parler du commerce illicite des drogues ou d’autres produits lucratifs».

Pour le représentant du Saint-Siège, la communauté internationale ferait bien de considérer sérieusement l’organisation d’un débat pour la création d’un traité sur le commerce des armes, fondé sur les meilleurs principes de droit international, des droits de l’homme et sur la loi humanitaire», a souhaité Mgr Celestino Migliore. D’après ce dernier, «un tel instrument pourrait aider à contribuer à l’éradication du commerce des armes illicites».

Mgr Migliore a salué les mesures concrètes décidées lors d’une première conférence onusienne organisée sur le sujet en 2001 afin de mettre en place des systèmes de marquage, de traçage et d’enregistrement des armes légères. L’observateur permanent du Saint-Siège a affirmé que ces mesures vont dans «la bonne direction». «Grâce au processus lancé par les Nations- Unies, une conscience internationale autour de cette question complexe semble grandir». L’évêque italien a aussi souligné le rôle essentiel, dans ce processus, des ONG et de la société civile.

Plus grande coopération

La première conférence de l’ONU sur le trafic illicite des armes légères s’est en effet terminée à New York le 20 juillet 2001 avec un «plan d’action 2001» obtenu après de longues et difficiles négociations. Ce plan est censé servir de base pour des actions internationales en vue de réduire la prolifération et l’abus des armes légères dans le monde. Une première réunion d’évaluation a eu lieu en juillet 2003 et le progrès en la matière sera évalué lors d’une grande conférence prévue en juin et juillet 2006.

Quatre ans après la première conférence, et lors de cette seconde réunion d’évaluation, Mgr Celestino Migliore a noté «la nécessité d’une plus grande coopération internationale en vue de bloquer efficacement la diffusion et la disponibilité des armes». L’évêque italien a ainsi souligné l’urgence d’adopter «un concept plus complet de sécurité collective» pour tous les Etats, expliquant que «les menaces envers les pauvres laisseront aussi sans aucun doute les riches plus vulnérables».

Dans le même temps, Mgr Migliore a exigé qu’une attention particulière soit potée sur l’engagement des enfants dans les conflits armés, expliquant qu’ils ont besoin d’être considérés dans les programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion. «Le Saint-Siège est convaincu que l’investissement dans la prévention, la conciliation, le maintien et la construction de la paix peut épargner des millions de vies», a lancé l’observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU.

Des armes par millions

Quelque 500 millions d’armes légères, dont plus de 100 millions en Afrique, sont en circulation dans le monde, soit l’équivalent d’une arme pour 10 individus. Les civils sont les principales victimes de ces armes légères, et plus particulièrement les «enfants-soldats». Depuis la conférence internationale de 2001, les ONG ont noté que certaines délégations (la Chine, les pays du Proche- Orient et les Etats-Unis) ont activement travaillé à minimaliser la portée du «plan d’action». Au contraire, les pays d’Afrique, le continent le plus affecté par la prolifération des armes légères, et l’Union Européenne, ont essayé de tenir un langage plus contraignant.

Selon un rapport publié le 12 juillet 2005 par le regroupement d’associations IANSA (International Action Network on Small Arms), moins de 40 pays possèdent des lois contrôlant les marchands d’armes. Plus d’une centaine d’Etats ont échoué dans l’établissement d’organismes gouvernementaux pour coordonner l’action nationale sur les armes légères, et seuls 18 autres ont développé des stratégies nationales spécifiques. (apic/imedia/ami/pr)

12 juillet 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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