New York: Le Saint-Siège pour la suppression des armes nucléaires
«Les armes atomiques sont une offense à la création de Dieu»
New York, 21 mai 1999 (APIC) Le Saint-Siège se prononce à nouveau pour la suppression des armes nucléaires. Mgr Renato Raffaele Martino, observateur du Saint-Siège auprès des Nations Unies à New York, a déploré la lenteur des gouvernements à s’engager sur la voie du désarmement en dééclarant jeudi : «Le tableau actuel du désarmement nucléaire n’est pas brillant».
Mgr Martino a redit la conviction du Saint-Siège à l’occasion du «Forum des leaders spirituels» qui s’est tenu à New York en vue de la révision en l’an 2000 du Traité de non-prolifération des armes nucléaires. Ce dernier date de 1995.
«Un progrès systématique vers le désarmement nucléaire est difficile à discerner», a poursuivi le diplomate du Vatican. Evoquant les tests nucléaires effectués par de nouveaux Etats, l’archevêque a fait remarquer le peu de bonne volonté des Etats à appliquer de manière effective les programmes liés au Traité de 1995.
«Pour permettre la paix au siècle prochain, il faut supprimer les armes nucléaires. Et les engagements en cours en vue de la non prolifération des armes atomiques devraient se réaliser déjà maintenant», a-t-il ajouté. Il a encore affirmé que les armes nucléaires sont «un terrible mal sous forme d’ultimatum et une offense à la création de Dieu».
Le Saint-Sièg est favorable à l’adoption d’une nouvelle série de «Principes et objectifs pour la non-prolifération nucléaire et le désarmement», a déclaré encore Mgr Martino, afin de «renforcer la responsabilité politique des Etats» dans ce domaine. L’observateur du Saint-Siège a insisté enfin sur le rôle des organisations non-gouvernementales (ONG) et des «groupes oecuméniques» pour susciter le soutien de la société civile aux efforts de désarmement nucléaire. (apic/cic/imed/ba
Amérique centrale: Le plan du FMI ne fera qu’aggraver la précarité des victimes de Mitch
Avant tout, la nécessité d’une reconstruction sociale
Delémont, 21 mai 1999 (APIC) Deuils, drames, désastres: Mitch a passé. Frappé, fin octobre, le Honduras, le Nicaragua, moins sévèrement le Guatemala, le Salvador et le sud du Mexique. Plusieurs milliers de morts, trois millions de sinistrés, une catastrophe majeure, retiendra l’histoire. Mais déjà c’est un autre ouragan, plus sournois, que craint la population d’Amérique centrale. Son nom? Démantèlement social.
Marvin Barahona, président d’un groupe d’organisations honduriennes réunies par Mitch, et le Nicaraguayen Porfirio Gamez, président national du «Movimentio Comunal Nicaraguënse», sont en Suisse pour tenter d’infléchir la menace. Le duo était jeudi à Delémont, à l’invitation du Groupe Nicaragua. Pour eux, écrit le «Quotidien Jurassien», le temps presse car l’éventualité de ce nouveau cataclysme, qui porte la griffe des humains, se décidera du 24 au 28 mai à Stockholm. Le Groupe consultatif sur l’urgence en Amérique centrale, composé «d’experts» du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque Mondiale et des représentants de la communauté internationale, fixeront les modalités de la reconstruction des cinq pays sinistrés.
Rigueur économique, social en rade
Dans les grandes lignes, le schéma proposé est connu et devrait confirmer les options émises à Washington, par ce même groupe, les 10 et 11 décembre derniers. En clair, la recette habituelle du FMI face au drame: suppression d’une part importante de la dette publique du pays (dans le cas du Nicaragua on parle de 85%). Ecrit ainsi, ça paraît généreux. Mais la largesse se double de contraintes drastiques. Budgets éducatifs et sociaux ramenés à presque rien, hausse des taxes, de l’eau, de l’électricité, des transports. Ce racket étatique meurtrier fait raquer gagne-petit et miséreux. Qui ne manquent pas dans la zone de Mitch: près de 60% des Nicaraguayens sont sans emploi.
En revanche les millions de francs de l’aide internationale servent, sans contrôle précis, les secteurs concentrés aux mains du pouvoir économique, en particulier les industries de construction et d’exportation. Et flambe la poursuite de la privatisation de l’Etat, et brûle la corruption. L’outil de production reconstruit, l’exportation permet d’éviter que n’enfle trop la dette restante et la nouvelle qu’appelle les investissements de la reconstruction. Pernicieux mécanisme.
Si Marvin Barahona et Porfirio Gamez ont pris l’avion pour la Suisse, c’est que, précisément, celle-ci jouit d’un «poids respectable» au sein du groupe qui se réunira à Stockholm. Lundi dernier, les «Latinos» ont donc rencontré les fonctionnaires de l’Office fédéral des Affaires économiques extérieures. L’écoute a été polie, mais la plaidoirie probablement vaine, jugent-ils. Le plan de sauvetage ficelé par les technocrates et les élus de cabinets? Déjà joué, estime Marvin Barahona.
La solidarité suisse revendique
En compagnie de 27 autres mouvements de solidarité, le Groupe Nicaragua de Delémont a adopté une plate-forme de revendications. Principales demandes: suppression totale de la dette externe, mais aussi interne, pour les petits et moyens producteurs affectés par Mitch; attribution transparente des fonds, en priorité aux plus démunis; participation de tous les groupes sociaux organisés à la reconstruction. Le texte a été signé par les principaux syndicats suisses (FTMH, SIB), la Déclaration de Berne, E-changer, Pax Christi, GVOM et onze parlementaires fédéraux.
La plate-forme sera discutée à Stockholm, au cours d’une réunion parallèle à celle des technocrates et experts du groupe consultatif, FMI et Banque Mondiale en tête. Marvin Barahona et Porfirio Gamez ne seront pas de ceux qui décideront. Eux écouteront. Dans la cour des petits. (apic/lqj/pch/ab)




