L’ONU appelée à assumer son rôle

New York: Le Saint-Siège redit aux Nations Unies son opposition à la guerre

New York 20 février 2003 (Apic) Le Saint-Siège a de nouveau lancé un appel contre la guerre en Irak, par la voix de son observateur permanent auprès du siège des Nations Unies à New York, Mgr Celestino Migliore. Intervenant le 19 février au cours d’une rencontre du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation en Irak, le prélat italien a en même temps appelé l’Organisation internationale à assurer le désarmement de tous les pays qui présentent une menace, et pas uniquement l’Irak.

Cette nouvelle déclaration du Saint-Siège prend d’autant plus de poids que tous ces appels sont à chaque fois largement repris par les organes de communication du Vatican, véritables «missiles médiatiques» selon «La Repubblica».

Dès le début de son discours, Mgr Celestino Migliore a tenu à faire part du soutien du Saint-Siège concernant le rôle «irremplaçable» des Nations Unies dans la résolution de la crise irakienne et notamment dans le maintien du respect des résolutions de l’ONU.

Reconnaissant «l’inquiétude de la Communauté internationale face aux pays qui menacent la paix en produisant des armes de destruction de masse», l’observateur permanent du Saint-Siège a toutefois insisté sur l’importance de ne pas se fixer sur «une seule région, mais malheureusement aussi dans d’autres parties du monde».

Par ailleurs, le Saint-Siège s’est de nouveau dit «convaincu que parmi les efforts visant à rétablir la paix grâce aux outils proposés par les lois internationales, le recours à la force n’est pas un moyen juste». «Aux graves conséquences de l’embargo imposé par l’ONU à l’Irak en 1990, s’ajouteraient les sombres perspectives de tensions et de conflits entre les peuples et les cultures». «Bien que le processus des inspections apparaisse lent, a-t-il précisé, il restera toujours un moyen effectif pouvant conduire à l’élaboration d’un consensus».

En conclusion, le nouvel observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies a rappelé la «vaste majorité» de la Communauté internationale «appelant à une résolution diplomatique du conflit et à l’exploration de toutes les voies possibles à l’établissement de la paix». «Cet appel ne doit pas être ignoré», a-t-il lancé.

Large engagement de la diplomatie vaticane

La diplomatie vaticane est largement engagée dans le cadre de la crise irakienne. Après l’envoi du cardinal Roger Etchegaray en Irak et la venue de différentes personnalités politiques impliquées dans le conflit ­ le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz, le ministre des Affaires étrangères allemand Joschka Fischer, le secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan et, à venir, le premier ministre britannique Tony Blair -, les déclarations se font toujours aussi nombreuses.

Recevant au Vatican une délégation interreligieuse d’Indonésie, dans la matinée du 20 février, Jean Paul II a appelé toutes les religions, «alors que la menace réelle d’une guerre est toujours présente à l’horizon», à «ne pas permettre aux hommes politiques de devenir la source de nouvelles divisions parmi les religions». «Je prie pour que les efforts visant à promouvoir une compréhension et une confiance mutuelles portent des fruits abondants et aide le monde à éviter un conflit», a-t-il ajouté.

Les missiles médiatiques du pape

Les moyens de communication du Vatican sont mobilisés depuis le début de la crise pour faire écho aux différentes voix du Saint-Siège. Alors qu’aujourd’hui «la capacité d’influencer l’opinion publique internationale» est devenue l’un des principaux enjeux de la crise, écrit le quotidien italien «La Repubblica» le 20 février, Jean Paul II «a démontré savoir utiliser à bon escient ses missiles médiatiques».

Ces «missiles», selon le journal, sont «L’Osservatore Romano» ­ le quotidien du Saint-Siège -, Radio Vatican, «La Civiltà Cattolica» ­ la revue bi-mensuelle des jésuites italiens, connue pour être relue et corrigée par la secrétairerie d’Etat -, ainsi que «Famiglia Cristiana», un mensuel catholique italien ­ dont les liens avec le Vatican sont un peu plus mobiles.

Depuis plusieurs mois, en effet, chacun de ces moyens de communication relaie sans relâche et parfois sans beaucoup de diplomatie, la position de l’Eglise contre une guerre en Irak. Radio Vatican, le plus important de ces organes qui émet en 39 langues différentes sur les cinq continents, «bombarde» chaque jour le monde entier de ses informations retransmises par la plupart des radios catholiques.

Régulièrement, le directeur des programmes, le Père Pasquale Borgomeo, intervient sur la question irakienne. Le 18 février, date de sa dernière intervention, le Père Borgomeo a dénoncé «l’unilatéralisme» et la «désinvolture» montrées par les Etats-Unis ces derniers mois. Rappelant que les pays d’Europe «ne sont pas les esclaves» de la puissance américaine, le jésuite avait souligné que l’action du Saint-Siège «n’est pas du pacifisme abstrait, mais une initiative de paix basée sur la réalité présente» (apic/imedia/sh)

20 février 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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