Le Saint Siège reproche à l’ONU de ne pas tenir ses engagements

New York: Mgr Migliore invite la communauté à développer le commerce équitable

New York, 18 octobre 2006 (Apic) L’observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies, Mgr Celestino Migliore, a invité la communauté internationale à développer le commerce équitable.

Le diplomate du Saint-Siège s’est exprimé le 17 octobre 2006, à New York, devant la 2e Commission de la 61e Assemblée générale de l’Onu portant sur les questions macro-économiques en matière de commerce international et de développement.

Mgr Migliore a regretté que, dans les dernières années, «aucun progrès substantiel n’ait été fait dans la réforme des finances politiques et le commerce international qui continue à peser sur des pays en développement». Le diplomate a en effet déploré que «les intérêts de quelques secteurs des pays les plus développés aient prévalu sur l’intérêt commun». Il les a ainsi accusés d’être «non-conforme» aux décisions prises à la conférence de Doha (Qatar) pour le développement en 2001.

L’observateur permanant du Saint-Siège a en particulier noté que «l’investissement des pays riches pour leur propre secteur agricole» s’élevait à «une somme dix fois plus importante que le total d’aide destinée annuellement à l’Afrique» et qu’il était «équivalent au revenu total de toute l’Afrique sub-Saharienne». Le nonce a en effet rappelé qu’»une partie fondamentale de cet appui» consistait en des «subventions directes ou indirectes pour des exportations agricoles, qui achèvent de saper l’agriculture des pays les plus pauvres».

Mise en garde

Pour le Saint Siège, «la mise en place d’une justice plus grande par un commerce équitable est un souci principal». Il a invité les pays concernés à «faire des efforts plus grands pour surmonter l’impasse des négociations multilatérales et respecter l’esprit et les engagements de Doha». «Les pays plus développés doivent honorer leur engagement d’ouvrir leurs marchés et doivent mettre fin au dumping des surplus agricoles par le biais de subventions», a conseillé Mgr Migliore.

Le nonce a enfin mis en garde, disant que si cette situation n’était «pas prise au sérieux, des conséquences graves pourraient en résulter : des mouvements non contrôlés de populations, des dégâts environnementaux irréparables, voire même la diffusion du terrorisme et de conflits armés».

La Déclaration de novembre 2001 de la quatrième Conférence ministérielle qui s’est tenue à Doha, au Qatar, avait pour but de lancer un nouveau cycle de négociations multilatérales : ’le cycle du développement’. D’une durée de trois ans, ce programme prévoyait des négociations sur l’amélioration de l’accès aux marchés et sur divers autres défis à relever pour le système commercial. Le programme original a été revu et prolongé entre 2003 et 2005. (apic/imedia/pad/pr)

18 octobre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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