L’observateur du Saint-Siège à l’ONU veut un changement

New York: Pauvreté et système de solidarité dans le monde

Rome, 24 février 2005 (Apic) L’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies a souligné l’importance d’un changement total du système de solidarité dans le monde, au cours de la 59e assemblée générale de l’Onu consacrée notamment aux buts fixés par la déclaration du Millenium.

Selon Mgr Celestino Migliore, «beaucoup d’experts concourent à dire que l’extrême pauvreté et la faim dérivent en grande partie de l’inégalité de distribution de revenu d’une part et d’une surconsommation apparente d’autre part». «Pour cette raison, ma délégation croit fortement que le système entier de solidarité a besoin d’être transformé», a-t-il souligné.

Ainsi pour l’archevêque italien, «l’Aide publique au développement (APD) doit être augmentée et pas seulement mieux dépensée; et par-dessus tout, les politiques pour éliminer la pauvreté doivent continuer à se concentrer non seulement sur le ’quoi’ ou ’comment’, mais avant tout sur le ’qui’».

Pour Mgr Migliore, il faut avoir «une idée claire de qui sont les pauvres», et mettre en place des «politiques centrés sur la population», et «une assistance pratique, directe et personnelle» envers eux. C’est pour lui le seul moyen de «promouvoir les pauvres comme de vrais gens», parce que cette idée est fondée «sur la dignité de chaque homme, femme et enfant, au lieu de politiques qui risquent de négliger leur valeur en tant que personne». Le Saint-Siège a ainsi déclaré s’aligner avec ceux qui soutiennent une politique sociale qui inclut la «justice distributive».

Enfin, Mgr Migliore a souligné l’importance d’investir «pour donner du pouvoir aux pauvres, spécialement aux femmes, de façons à respecter la volonté de l’individu et ne pas mener à des conditions inacceptables envers ceux à qui l’assistance est offerte». «Une politique sage et humaine des populations respectera les gens qu’elle est censée servir, pour l’amélioration de l’humanité», a-t-il continué. «Elle examinera aussi l’actuel et le futur développement de l’humanité».

Beaucoup de «si» et de conditions

Ainsi, pour l’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies, les buts fixés par la déclaration du Millenium ne seront atteints que si «les politiques d’éradication de pauvreté visent directement les pauvres comme des personnes de valeur égale»; «si un sérieux progrès est fait dans le bon gouvernement et en combattant la corruption»; «si des réformes financières et commerciales sont suffisamment introduites dans le marché du travail en faveur des pays en voie de développement» ; «si l’engagement du 0,7% PNB est vraiment honoré dans la justice et la solidarité» ; «et si la dette est annulée dans tous les cas applicables».

Lors de l’Assemblée générale de septembre 2000, 171 gouvernements du nord et du sud ont signé la déclaration du Millenium, texte qui fixe pour objectifs, entre autres, l’éradication de la faim et de la pauvreté dans le monde à l’horizon 2015. (apic/imedia/ms/pr)

24 février 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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