Pasteur Raiser: un sentiment d’être au mauvais endroit

New York: Responsables religieux présents au Forum économique mondial

New York, 5 février 2002 (APIC) Dans un climat dominé par les questions de sécurité et un sentiment de malaise pour certains participants, plusieurs responsables religieux ont participé au Forum économique mondial à New York. Leur présence est notamment liée à la dimension religieuse du conflit du Moyen-Orient, de la guerre en Afghanistan et des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. Pour le pasteur Raiser, l’individualisme du Forum est en contradiction avec l’engagement ?cuménique.

Environ 2’700 participants ont pris part à la rencontre de cinq jours tenue à l’hôtel Waldorf-Astoria à Manhattan. Plusieurs responsables religieux ont été invités à la rencontre, parmi eux Konrad Raiser, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE), George Carey, archevêque de Cantorbéry; le cardinal Francis Arinze, responsable de dialogue interreligieux au Vatican; Mustafa Ceric, grand mufti de Bosnie- Herzégovine; Jonathan Sacks, grand rabbin de Grande-Bretagne et du Commonwealth; et Desmond Tutu, ancien archevêque anglican du Cap, en Afrique du Sud.

Le pasteur Raiser a souligné la nécessité d’un engagement religieux dans le monde. Mais le style de leadership principalement «individualiste» montré au Forum est en conflit avec la conception d’un engagement commun prôné par des acteurs du mouvement oecuménique et lui-même. Le pasteur Raiser a ajouté que d’autres leaders religieux et lui-même ne se sentaient pas vraiment à leur place à ce rassemblement. «C’est un sentiment étrange. Je ne peux m’empêcher de penser que je suis au mauvais endroit.»

Pour Klaus Schwab, président du Forum économique mondial, les responsables religieux pourraient apporter une contribution majeure, étant donné l’importance croissante de la religion dans le monde. «Il est clair que les religions mondiales jouent un rôle central dans les sociétés du monde entier», a-t-il déclaré.

Cependant, de l’avis de Konrad Raiser, on surestime le poids des responsables religieux. En effet, a-t-il dit à l’agence de presse ?cuménique ENI, les décideurs économiques et politiques accordent peut-être trop d’importance à l’élément religieux dans les conflits actuels – comme ceux du Moyen-Orient – et pas assez aux solutions politiques. «Les responsables religieux peuvent apporter soutien et crédibilité aux efforts de paix mais ce ne sont pas les leaders religieux qui peuvent promouvoir les solutions politiques.» (apic/eni/bb)

5 février 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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