New York: Sommet du Conseil économique et social de l’ONU
«La réduction de la dette ne doit pas servir à acheter des armes»
New York, 3 mai 1999 (APIC) Les Etats-Unis dépensent annuellement 8 milliards de dollars en produits de beauté. Alors qu’avec «seulement» 6 milliards, tous les enfants du monde bénéficieraient de l’enseignement scolaire. Ces chiffres, tirés du Programme de développement de l’Organisation des Nations Unies (ONU), révèle un profond déséquilibre.
«Affronter et résoudre ces déséquilibres n’est pas seulement un impératif moral mais un acte ’d’égoïsme sacré’ car la pauvreté menace la stabilité du monde», a déclaré l’ambassadeur italien à l’ONU, Francesco Paolo Fulci, aux membres du Conseil économique et social de l’ONU, réunis actuellement en sommet à New York.
Le directeur du Fond monétaire international (FMI), Michel Camdessus, le président de la Banque Mondiale, James Wolfensohn, le secrétaire du Conseil pontifical «Justice et Paix», Mgr Diarmund Martin, et une trentaine de ministres de l’économie de différents pays participent à cette rencontre. Objectif de ce sommet: discuter différentes initiatives pratiques pour soulager la pauvreté et affronter les problèmes créés par la crise économique qui touche toute l’Asie depuis deux ans.
Véritable «croisade contre la pauvreté», sont les termes employés par l’actuel président du Conseil économique et social de l’ONU, l’ambassadeur Fulci, pour définir cette ambitieuse initiative. Dans son intervention, Mgr Diarmund Martin a jugé «très important le fait que l’on considère de plus en plus normal d’associer le développement économique d’un pays au développement social. L’un ne peut exister sans l’autre».
Pour le secrétaire du Conseil pontifical «Justice et Paix», «il serait nécessaire d’établir des taux fixes concernant les investissements dans le secteur social et les investissements dans la défense, afin d’éviter que les fonds obtenus par la réduction de la dette soient utilisés entièrement pour acheter des armes».
L’ambassadeur Fulci a encore relevé que «la communauté internationale ne peut se résigner à l’idée que plus de 30 % de la population mondiale vive avec moins d’un dollar par jour, alors que les 15 personnes les plus riches de la planète possèdent des biens supérieurs au produit intérieur brut de tous les pays d’Afrique qui se trouvent au sud du Sahara».
Selon le Programme de développement de l’ONU, pour garantir des écoles dignes pour tous les enfants du monde, il suffirait d’un investissement de 6 milliards de dollars. Les Etats-Unis dépensent chaque années 8 milliards de dollars en produits de beauté. Pour donner de l’eau potable à tous il faudrait 9 milliards de dollars. L’Europe dépense chaque année 11 milliards de dollars en glaces. (apic/zenit/ab)



