«Ni les uns, ni les autres ne veulent la paix»

Birmanie: Un prêtre catholique critique le gouvernement et les rebelles kachins

Rangoon, 9 janvier 2013 (Apic) Le Père Christopher Raj, directeur de Caritas dans le diocèse de Lashio, au nord de la Birmanie, critique l’absence de volonté de paix des rebelles kachins et du gouvernement de Rangoon. Les parties en conflit seraient plus préoccupées par la préservation de leurs intérêts que par la cessation des violences, rapporte le 8 janvier 2013 l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris (MEP) Eglises d’Asie.

«Parfois je me demande si les deux parties en présence ne se sont pas habituées, voire ne sont pas devenues ’accro’ à la guerre», affirme le Père Raj.» Au point qu’il est quasi illusoire d’entretenir l’espoir de voir s’ouvrir des négociations de paix».

Pour le directeur de la branche locale de Caritas, l’accentuation des combats de ces derniers jours témoigne de cette «addiction à la guerre» des parties en présence. Depuis fin 2012, les combats ont redoublé d’intensité dans l’Etat Kachin, où les troupes gouvernementales paraissent désormais en mesure de resserrer leur étau sur la base de Laiza. C’est dans cette localité tout proche de la frontière chinoise que se trouve le quartier général de la «Kachin Independence Army» (KIA).

Souffrances des civils

Le directeur de l’organisation catholique, qui vient en aide aux réfugiés kachins fuyant les combats pour trouver refuge dans cette partie de l’Etat Shan, témoigne des souffrances endurées par les civils.

Selon le prêtre, «le gouvernement et la KIA semblent surtout préoccupés par la préservation des lucratifs intérêts que les uns et les autres entretiennent avec la Chine». En effet, «tandis que l’Etat Kachin est déchiré par la violence, il y a toujours des affaires à faire et des profits à engranger dans le commerce illégal du bois et des ressources minérales» avec le grand voisin du nord, poursuit le Père Raj.

Négociations de façade

Il dénonce également les pourparlers que la rébellion kachin et le gouvernement birman ont menés avant la récente intensification des combats, les qualifiant de «rideau de fumée». Ces prétendues négociations étaient selon lui destinées à donner du temps aux dirigeants des deux camps pour qu’ils s’enrichissent «alors que le nombre des morts allait croissant».

Aucune négociation de paix sérieuse ne pourra être conduite sans que soient présents à la table des négociations des «représentants de la population au nom de qui la défense de l’Etat Kachin est menée», affirme encore le prêtre catholique. (apic/eda/rz)

9 janvier 2013 | 16:24
par webmaster@kath.ch
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