Les évêques dénoncent ceux qui enfoncent les pauvres
Nicaragua: Une partie de l’aide internationale détournée
Managua, 17 août 1999 (APIC) Selon un rapport que vient de publier la Conférence épiscopale du Nicaragua, une partie des fonds constitués par l’aide internationale aurait été détournée par certains responsables politiques «à des fins d’enrichissement personnel ou familial» ou «au profit de leur parti».
Le rapport des évêques mentionne une série d’irrégularités dans l’utilisation des ressources de l’aide humanitaire, bien qu’il ne donne pas de chiffres ni ne mentionne la provenance des fonds. Plusieurs cas de corruptions, d’abus de pouvoir, de fraude et d’évasion fiscale sont évoqués. Les évêques y ajoutent deux constantes qu’ils dénoncent: la politisation des institutions et une absence de véritable projet politique pour la population. Tout cela, selon les évêques, constitue l’expression d’une grave crise.
Il n’y a pas eu seulement mauvaise utilisation des fonds d’aide, mais il y a eu détournement, et cette faute est d’autant plus grave, soulignent les évêques, qu’elle contribue à «enfoncer la population dans la misère».
Aux yeux des évêques, «de nombreux abus des autorités et de la Justice seraient évités si on avançait dans une véritable dépolitisation des pouvoirs judiciaires et législatifs et si ceux qui appartiennent à ces pouvoirs repensaient avec humilité et avec rigueur l’exercice de leurs fonctions».
Au Nicaragua, le manque d’emploi touche à présent 53 % de la population active et le salaire moyen est inférieur à cent dollars par mois. Les évêques lancent dès lors un appel au gouvernement et aux entreprises pour que soient créés des fonds pour l’emploi de manière à rémunérer des travailleurs en fonction du coût de la vie.
Le Nicaragua est un des pays durement touchés par l’ouragan Mitch en novembre 1998. Or, selon un responsable du réseau Caritas, qui coordonne l’aide de l’organisation catholique notamment pour ce pays, «il s’agit de soutenir à long terme l’engagement des gens dans leur propre développement. Sinon, on verra se multiplier les effets pervers que l’on a déploré ces dernières années au Nicaragua: à force de privilégier l’aide humanitaire plutôt que le soutien au développement, on voit l’Etat se démettre de ses responsabilités et les abandonner à l’Eglise catholique». (apic/cip/pr)



