Niger: Au moins 57 morts en janvier dans des affrontements avec des islamistes
Les «talibans» du Nigeria ont infiltré le sud du pays
Niamey, 18 janvier 2004 (Apic) Au moins cinquante-sept personnes dont une majorité d’islamistes radicaux ont été tuées depuis début janvier au sud du Niger, lors d’affrontements avec les forces de sécurité, selon Radio France internationale. De nombreux heurts ont opposé les soldats et gendarmes aux membres d’une nouvelle secte musulmane fondamentaliste, les «mouhajirouns» (Compagnons).
Les mouhajirouns sont des extrémistes musulmans qui se réclament des talibans afghans et prêchent à la frontière du Nigeria avec ses voisins du Niger et du Tchad pour l’instauration d’un état islamique au Nigeria. Ils ont récemment infiltré le Niger et se sont affrontés à des jeunes de plusieurs localités dans lesquelles ils avaient débarqué pour prêcher. Ils se sont signalés pour la première fois dans un village du sud du Niger. Sur place, ils exigé aux populations de leur donner une voiture. La réticence locale a provoqué leur colère. Ils ont alors utilisés des armes à feu, tuant un villageois. L’intervention rapide des forces de sécurité nigériennes a permis de tuer sept membres du groupes. Depuis, les incidents se multiplient avec les forces de l’ordre. Deux officiers ont aussi été tués, dans une zone située à la frontière avec le Nigeria. Les soldats nigériens ont par la suite lancé une attaque d’envergure contre les mouhajirouns, faisant 47 morts dans leur rang. Mais plus de 200 membres de la secte ont pris la fuite.
Un mouvement rassemblant des islamistes de plusieurs milieux
Le mouvement des mouhajirouns est constitué de jeunes étudiants musulmans radicaux chiites, proches du cheikh Mekajine, célèbre au Nigeria dans les années 90. Il compte aussi dans ses rangs, des adeptes de la secte «Isalah» (Nigeria), opposée à tout progrès scientifique et interdite d’activités au Nigeria depuis deux ans. Des fidèles du cheikh Al Zakzaki, très vénéré dans les états nord du Nigeria (Sokoto, Borno et Kano), limitrophes du Niger, ainsi que des étudiants diplômés d’écoles des pays arabes du Golfe, appartenant en grande partie à l’ethnie haoussa, majoritaire au Nigeria et au Niger, en sont aussi membres.
Le Niger et le Nigeria ont une frontière commune de 1500 km. De part et d’autre, on y retrouve les mêmes populations haoussa, kanouri et peuhls. Chaque année, des dizaines de milliers de jeunes Nigériens franchissent la frontière pour aller étudier le coran dans les états nord du Nigeria, qui ont pour la plupart adopté la charia, la loi islamique, depuis plusieurs années. (apic/ibc/bb)



