Journée de prières pour solliciter la pluie

Niger: La sécheresse menace le pays de grave famine

Niamey, 21 juillet 2002 (APIC) Au Niger, pays ouest africain pauvre et désertique, les populations ont prié vendredi pour invoquer la pluie. Le prix des céréales monte, alors qu’une grave crise alimentaire menace la population à cause de la sécheresse.

Peu de précipitations sont tombées depuis juin, période du début de la saison des pluies, au Niger, dans le reste des pays sahéliens d’Afrique de l’ouest et au Tchad. L’absence d’eau, observée depuis la mi-juillet, entraîne des poches de sécheresse et l’échec des semis dans quelque 500 villages du Niger, a rapporté samedi Canal France International, une télévision française diffusée en l’Afrique francophone.

Face à cette situation inquiétante, les leaders islamiques de ce pays à plus de 90% musulman sur une population de 10 millions d’habitants ont appelé à des prières collectives. Celles-ci ont eu lieu le 19 juillet. La journée à été déclarée fériée par le gouvernement. «Allah autorise les musulmans à l’implorer chaque fois qu’ils éprouvent des difficultés», a souligné à la radio nationale, cheikh Oumarou Ismaël, imam de la mosquée de Niamey

Cette prière pour la pluie a eu lieu dans des endroits austères, loin des mosquées feutrées, en marbre, avec lustres et tapis dorés. Selon le correspondant de l’AFP à Niamey, les fidèles ont suivi la recommandation en pareille circonstance: prier à même le sol, vêtus de vieux habits, de préférence en haillons. A travers le pays, ce sont des centaines de milliers de personnes qui ont prié pour demander la clémence du ciel, chapelet à la main et tête baissée en signe d’humilité. Dans cour de la grande mosquée de Niamey, le président Mamadou Tandja s’est joint à la foule pour ces invocations.

L’injustice, l’abus de confiance et la débauche éloignent Allah

A la fin de la prière, l’imam Cheikh Ismaël a invité les autorités à combattre «l’injustice, l’abus de confiance et la débauche». Ces faits, a-t- il dit, peuvent amener Allah à se détourner du pays. Il y a quelques années, une situation similaire avait provoqué des émeutes au Niger. Des militants islamistes superstitieux avaient lapidé des femmes vêtues de mini- jupe, brûlé ou saccagé les maisons des prostituées et des bars qu’ils accusaient d’empêcher la pluie de tomber.

Les services météorologiques ont relevé un déficit pluviométrique dans 70% des villages nigériens, notamment dans les parties est et sud du pays. 80% de la population nigérienne vit de l’agriculture et travaille avec des moyens rudimentaires. (apic/ibc/bb)

21 juillet 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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