Niger: Les Intégristes musulmans ne veulent pas de l’introduction d’un code de la famille
Tensions entre islamistes «purs et durs» et gouvernement
Niamey/Dakar, 24 mars 1998 (APIC) Les intégristes musulmans du Niger ne veulent pas de l’introduction d’un code de la famille dans un projet gouvernemental actuellement à l’étude. Ils ne veulent pas d’avantage que ce même gouvernement ratifie la convention internationale pour l’élimination de toute forme de discrimination contre les femmes.
Regroupes au sein d’une dizaine d’organisations à caractère religieux, ces intégristes ont manifesté le week-end dernier à Maradi, à l’est du pays. Ils estiment que le coran a réglé tous les problèmes de la femme, en particulier, celui traitant du code de la famille. Les fondamentalistes du Niger préconisent une consultation populaire sous forme de référendum sur les deux sujets et préviennent le gouvernement contre l’adoption de ces deux mesures.
Les attaques les plus virulentes contre le projet de code de la famille ont porté notamment sur l’égalité de l’homme et de la femme en droit, ainsi que le statut de l’enfant né hors mariage et de l’enfant légitime.
Les musulmans du Niger représentent 98% des 9 millions d’habitants que compte le pays. En 1994, ils s’étaient déjà bruyamment opposés au projet de code de famille, contraignant le gouvernement a suspendre son élaboration et son application. Durant la même année, des heurts entre musulmans et les forces de l’ordre avaient provoqué la mort d’une dizaine d’agents de police.
Le dernier événement attribué aux fondamentalistes du Niger a eu lieu le 10 janvier dernier avec des affrontements entre des islamises et des villageois à Adouba, une localité située à plus de 200 ms à l’Ouest de la ville de Niamey, la capitale. Ces incidents avaient fait 10 blessés.
Depuis le renversement, en janvier 1996, du régime civil démocratiquement élu, par une junte militaire, la vie politique, sociale et économique du Niger est paralysée par une vague de contestations des syndicats, des étudiants et des partis politiques opposés au régime du général Ibrahim Barre Maïnassara auteur du coup d’état. Selon le secrétaire général de l’Association pour la diffusion de l’islam, El haj Fallou Manja, la situation politique dans le pays est «très grave». (apic/ibc/pr)



