Nigeria: Avocats sans frontières apporte son soutien à Amina Lawal

«Les droits de sa défense ne sont pas respectés»

Abuja, 1er juin 2003 (APIC) «Avocats sans frontières» apporte son soutien à la jeune nigériane de 32 ans, Amina Lawal, condamnée à mort par lapidation en mars 2003, pour adultère. Elle a été reconnue coupable par un tribunal islamique de l’Etat de Katsina (nord du Nigeria) d’avoir eu des relations extraconjugales avec un homme qui n’était pas son mari. Une fille de 18 mois est née de cette relation. Son procès en appel aura lieu mardi 3 juin.

Lors d’une conférence de presse le 28 juin, Catherine Mabille, membre de l’organisation internationale «Avocats sans frontières» (ASF), a déclaré, au sujet du procès de Amina Lawal, que les droits de sa défense «ne sont pas respectés». La conférence de presse s’est tenue en présence de Hawa Ibrahim, l’avocate nigériane qui défend Amina Lawal. Catherine Mabille a ajouté qu’ils soutiennent leur consoeur Ibrahim du fait qu’elle est «dans une grande solitude pour défendre Amina». Hawa Ibrahim est «à la fois femme, musulmane et avocate», a-t-elle poursuivi.

Dans sa défense d’Amina Lawal, Hawa Ibrahim se fait assister par un autre avocat homme de son pays, car, la loi islamique en vigueur dans son état, interdit à une femme de plaider devant un tribunal islamique. Elle s’est néanmoins déclarée optimiste quant à une issue heureuse en faveur de sa cliente. «J’ai bon espoir de sauver la vie d’Amina Lawal», a-t-elle indiqué. Elle a précisé avoir l’intention de se battre sur plusieurs points de la procédure juidiciare.

L’avocate veut également prouver que sa cliente qui est une «paysanne illettrée» ignorait les nouvelles lois islamiques introduites par l’état musulman de Katsina. Celui-ci fait partie des 12 provinces semi-autones de la fédération nigériane de 32 états, appliquant la charia ou loi islamique depuis l’an 2000.

Selon ASF, les extrémistes musulmans de Katsina ne pardonnent à l’avocate nigériane d’avoir pris la défense d’Amina Lawal. Elle «vit sous des menaces permanentes» de ces groupes de fondamentalistes. L’année dernière, Hawa Ibrahim avait réussi à défendre avec succès, une autre nigériane qui avait été condamnée à la mort pour adultère. Il s’agit de Safiya Husaini, acquitté par la suite par un tribunal islamique de Sokoto pour vice de forme.

Au cas où la condamnation à mort d’Amina Lawal serait confirmée le 3 juin, son avocate à la possibilité de recourir à un appel devant la Cour fédéral. La loi fédéral lui donne aussi la possibilité, de saisir la Cour suprême en dernier lieu. Toute cette procédure peut durer plusieurs années.(apic/ibc/sh)

1 juin 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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