Nigeria: Bras de fer entre gouvernement et grand sultan des musulmans sur la charia
«La loi islamique viole la constitution du pays»
Lagos, 14 avril 2002 (APIC) Un bras de fer oppose le gouvernement nigérian et le grand sultan des états musulmans de la fédération. La pomme de discorde porte sur l’application de la charia dans 12 des 36 états qui composent la fédération du Nigeria.
Le mois dernier, le gouvernement a dénoncé l’introduction de cette loi islamique par les dirigeants politiques des provinces semi-autonomes du nord, à majorité musulmane. Il a déclaré que c’est une disposition qui viole la constitution du 12 mai 1999, proclamant le caractère laïc du Nigeria. Le grand sultan lui a répondu cette semaine, en soutenant que «la charia est et restera la règle» dans les états qui l’ont adopté. Le parlement européen, pour sa part, a dénoncé le 12 avril l’application de la charia dans les états du nord nigérian.
Selon le cheikh Machudo Muhamadu, la loi islamique est «dissuasive et moralisatrice sur tous les plans». C’est une sorte de «bonne gouvernance». Il la considère «tout à fait en conformité avec la constitution». Le chef religieux nigérian qui effectue une tournée dans les états musulmans du nord, est soutenu par les imams de mosquées. Ils estiment ensemble qu’ils défendent leur bon droit, a rapporté le correspondant de Radio France internationale.
Les propos du guide spirituel nigérian interviennent après l’acquittement, le 25 mars, d’une femme de 36 ans, Safiya Husseini, jugée pour adultère. Elle avait été condamnée en octobre dernier à la mort par lapidation pour avoir donné naissance à un enfant alors qu’elle est divorcée. Cet acquittement a été considéré comme la première défaite des partisans de la loi islamique au Nigeria, alors qu’une autre femme, Amina Lawali, est en cours de jugement pour les mêmes motifs. (apic/ibc/bb)