Inquiétude à deux mois de la visite du pape Jean Paul II

Nigéria :Croissance de la violence armée contre les prêtres catholiques et les paroisses

Lagos 29 janvier 1998 (APIC) A deux mois de la visite du pape Jean Paul II au Nigéria, les attaques à main armée contre les paroisses, et en particulier contre les prêtres catholiques se multiplient dans l’ensemble du pays. Les derniers en date, dans l’archidiocèse de Kaduna, montrent que ce phénomène inquiétant, qui s’est manifesté durant toute l’année écoulée, ne s’est pas apaisé, bien au contraire, déplore l’agence missionnaire Fides. .

«Les prêtres catholiques de l’Archidiocèse de Kaduna vivent actuellement dans la peur, à cause de la multiplication des attaques portées contre eux par des voleurs» relate le journal local Thisday, en date du 14 janvier. Dans les deux derniers mois, en effet, plus de 10 prêtres ont été victimes de vols à main armée dans leur habitation. Trois d’entre eux ont été attaqués par des bandits entrés chez eux après avoir désarmé et attaché les gardiens. Les bandits ont réclamé l’agent recueilli auprès des fidèles. Le curé ayant répondu qu’il ne conservait pas chez lui l’argent des quêtes, a été violemment frappé à la tête et a perdu connaissance. Après avoir neutralisé les deux autres prêtres, les voyous ont mis la maison sans dessus dessous pendant des heures puis emportèrent l’équipement électronique, des montres et d’autres objets de valeur.

Mgr Peter Jatau, archevêque de Kaduna, a adressé une lettre à toutes les paroisses de l’archidiocèse, en demandant aux paroissiens de veiller à prendre des mesures pour assurer la protection des prêtres et des biens de l’Eglise.

En fait, dans plusieurs diocèses du Nigéria toutes les paroisses ont été ainsi visitées par des malfaiteurs, et plusieurs personnes ont perdu la vie au cours de ces attaques: dans l’archidiocèse de Jos, dans les diocèses d’Osogbo, de Idah, et Otukpo par exemple. Les autorités de l’Eglise ont lancé à plusieurs reprises des appels au gouvernement pour faire face à cette situation; mais, jusqu’à présent presque rien n’a été fait.

La liste des incidents survenus en 1997 est longue : Un an à peine après l’agression de Mgr Francis Alonge, évêque de Ondo, un autre prélat, Mgr Emmanuel Otteh, âgé de 70 ans, évêque de Issele-Uku, un prêtre, une religieuse et un séminariste ont été attaqués par des voleurs à l’évêché. Mgr Otteh a été blessé d’un coup de feu à la jambe. Au cours de cette même attaque, le Père Onyewadume a été touché lui aussi et grièvement blessé, mais soeur Agatha, qui était parvenue à s’enfuir tomba accidentellement dans un puits et s’y noya.

Mgr Michael Eneja, Evêque émérite d’Enugu, a lui aussi été victime d’une attaque. Quant à l’Abbé Nicodemus Ikechukwu, curé de la paroisse du Saint Rosaire d’Okposi, dans le diocèse d’Abakaliki il a été récemment tué d’un coup de feu. Son assassin éétait entré dans une salle proche de l’église et s’en était pris tout d’abord à des couples de jeunes qui suivaient un cours de préparation au mariage.

Selon les rapports de l’archidiocèse d’Onitsha, dans l’Etat d’Anambra, 22 paroisses, centres sociaux séminaires et noviciats ont été attaqués à main armée durant l’année écoulée. Selon ces mêmes rapports, des imposteurs parcourent la région se faisant passer pour des prêtres ou pour des parents de prêtres qui cherchent de l’aide, mais en fait dans le but de voler argent et objets de valeur. (apic/fides/mp)

10 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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