Nigeria: Des évêques manifestent contre la pauvreté qui sévit dans le pays

«Manif» des prélats devant l’Assemblée de l’Etat d’Anambra

Lagos, 18 septembre 2002 (APIC) Huit évêques catholiques et anglicans nigérians ont manifesté devant l’Assemblée législative de l’Etat d’Anambra, au sud-est du Nigeria, pour protester contre la politique gouvernementale, responsable, selon eux, de l’extrême pauvreté de la population.

Les évêques ont dénoncé ce qu’ils appellent «la situation très inquiétante qui règne dans le pays», s’inquiétant des privations que doit endurer la population du Nigeria. Ils ont rencontré des membres de l’Assemblée législative et ont été reçus par Barth Onogbolu, président de l’Assemblée. Ce dernier, indique l’Agence oecuménique ENI, assure que les membres de l’Assemblée ont écouté avec attention les revendications des évêques.

A la tête du mouvement de protestation en cette mi-septembre, l’archevêque anglican Maxwell Anikwenwa a déclaré que les dirigeants politiques du Nigeria ont négligé les intérêts de la population. Il accuse les dirigeants de «fermer leurs yeux et leurs oreilles aux souffrances du peuple.»

On estime que 70% des Nigérians vivent au-dessous du seuil de pauvreté, selon le récent Rapport national sur le développement humain. Dans ce même rapport, il est indiqué que le chiffre de 48,5 % en 1998 avait du être révisé à la hausse.

Effondrement des institutions

«Nous voyons des milliers de personnes se transformer en mendiants au fur et à mesure que le climat social et économique se détériore», a commenté l’archevêque Anikwenwa, après la marche sur l’Assemblée. «Nous assistons jour après jour à l’effondrement des institutions publiques dans le pays. Des fonctionnaires, des enseignants et des travailleurs attendent depuis des mois leur salaire, de sorte que des grèves éclatent presque partout dans le secteur public. Le système éducatif est réduit à néant tandis que les hôpitaux et la justice ne remplissent plus leur fonction. La sécurité est une fois de plus un grave problème alors que les actes de violence se multiplient. La population affronte de terribles épreuves car elle est entièrement démunie sur le plan social», a-t-il encore déploré.

Mgr Albert Obiefuna, archevêque catholique de Onitsha, un autre des évêques protestataires, a pour sa part relevé qu’en tant qu’élus du peuple, il appartient au législateur de faire quelque chose pour sauver ces gens qui sont en train de mourir. (apic/eni/pr)

18 septembre 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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