Les électeurs sont désabusés, selon l’archevêque d’Abuja
Nigeria: Elections municipales dans un climat de violence
Abuja, 28 mars 2004 (Apic) «Je n’attends pas grand chose de ces élections municipales: les électeurs ont perdu leur intérêt face à des partis politiques désorganisés», a déclaré à l’agence d’information religieuse Misna Mgr John Olorunfemi Onaiyekan, archevêque d’Abuja au Nigeria. La veille du scrutin, 29 personnes ont été tuées dans des affrontements au centre du pays.
Dans l’Etat du Plateau, théâtre des affrontements de vendredi, le bilan des violences entre extrémistes chrétiens et musulmans est de plus de 220 morts en un mois et demi. «Les différentes communautés ont toujours cohabité pacifiquement, on doit alors se demander pourquoi elles auraient commencé à s’entre-tuer maintenant», affirme l’archevêque d’Abuja et président de la Conférence épiscopale nigériane. Selon lui, ces graves épisodes «ne devraient pas se produire s’il y avait un solide gouvernement central et local. Si l’on pense à la démocratie comme à un ensemble de partis ayant des programmes politiques précis, que les citoyens peuvent librement choisir, on est encore bien loin du compte».
Mgr John Olorunfemi Onaiyekan rappelle que ces élections ont été renvoyées il y a deux ans et l’an dernier à cause de mésententes entre le gouvernement central et les autorités régionales. «Le vote d’aujourd’hui devrait représenter un progrès dans le développement démocratique de notre pays, mais je n’est pas l’impression que ce soit le cas», a-t-il déclaré à Misna.
Depuis 1999, année de l’élection du président Olusegun Obasanjo, après 15 ans de dictature militaire, plus de 10’000 personnes ont péri dans des violences interethniques et entre factions politiques au Nigeria. Le pays, le plus peuplé d’Afrique avec 120 millions d’habitants, est une fédération de 36 Etats. (apic/misna/bb)



