Contraire aux droits de l’homme et à la charte africaine
Nigeria: La FIDH part en guerre contre l’application de la charia
Lagos, 9 septembre 2002 (APIC) L’application de la charia viole non seulement les normes internationales en matière de droits de l’homme, mais encore la charte africaine et la Constitution nigériane, estime la FIDH, la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme, en réaction à la confirmation de la condamnation à mort par lapidation d’Amina Lawal, 30 ans. Celle-ci est accusée d’adultère par une Cour d’appel islamique nigériane.
La réaction de la FIDH intervient aussi à l’issue d’une mission effectuée par une délégation de l’organisation dans les Etats d’Abuja, de Kaduna, de Lagos et de Zamafra où elle a rencontré des représentants de la société civile et des responsables du gouvernement fédéral.
Amina Lawal a été condamnée le 22 mars dernier par le tribunal de Bakoro, dans l’Etat de Katsina. Elle n’est pas la première femme victime de l’application de la charia dans douze Etats du nord du Nigeria. Avant elle Safiya Husseini Tungar Tudu, une autre Nigériane accusée d’adultère et condamnée à la même peine n’a été sauvée d’une mort certaine que grâce à un long combat qui a mobilisé la communauté internationale.
Malgré la reconnaissance publique par le gouvernement centrale de l’incompatibilité entre la loi coranique et la Constitution fédérale du pays, le président Olusegun Obasanjo a toujours évité d’intervenir de façon décidée contre les Etats appliquant la charia, se limitant à appeler à la modération.
L’Eglise nigériane, par la voie de ses évêques, s’est élevée à plusieurs reprises contre ce qu’elle considère une «anomalie juridique qui lèse les principes de la légalité au Nigeria» et rejette les condamnations formulées par les tribunaux islamiques. (apic/misna/pr)



