La Cour de Sokoto annoncera son verdict lundi prochain
Nigeria: La sentence contre Safiya Hussaini reportée au 25 mars
Sokoto/Lagos, 18 mars 2002 (APIC) Les quatre juges de la cour d’appel islamique de l’Etat de Sokoto, au Nigeria, ont reporté au lundi 25 mars le verdict concernant Safiya Hussaini Tungar-Tudu, accusée d’adultère. Condamnée par un tribunal islamique, l’automne dernier, à être lapidée à mort, la mère de famille de six enfants est apparue lundi 18 mars devant la cour d’appel de la charia de Sokoto, dans un des Etats du Nigeria qui ont adopté la loi islamique. Elle portait dans ses bras sa fille Adama, âgée d’un an.
Le procès, présidé par le Grand Khadi – le plus haut juge de Sokoto – revêtu d’une robe noire bordée de parements d’or et d’un turban blanc, s’est déroulé dans un tribunal bondé. Une douzaine d’avocats de la défense avaient pris place dans les locaux, tandis que les nombreux journalistes se frayaient une place au milieu des observateurs représentants des organisations de défense des droits de l’homme.
Même si Safiya gagne son appel lundi prochain, la peine de lapidation restera en vigueur dans les 12 Etats du Nord du Nigeria qui ont adopté la charia, la loi islamique.
L’archevêque de Lagos s’est proposé à la place de Safiya
Dans le but de faire pression pour l’abolition d’un châtiment considéré par l’Eglise catholique nigériane comme barbare, l’archevêque de Lagos, Mgr Anthony Olubunmi Okogie, s’est proposé à la place de Safiya. ’’J’ai confiance. Grâce à l’intérêt de la communauté internationale Safiya vivra’’, a-t-il confié à l’agence de presse missionnaire MISNA.
Le prélat s’était déclaré prêt à prendre la place de Safiya Hussaini Tungar-Tudu si jamais la condamnation à mort est confirmée. ’’Chaque fois que la charia, la loi islamique, sera appliquée, nous ferons un boucan tel que le monde ne pourra plus ignorer un tel sujet’’, a-t-il déclaré. Il précise que la Conférence épiscopale nigériane a demandé depuis longtemps le respect de l’article 10 de la Constitution fédérale du pays relatif à la laïcité de l’Etat en invitant le gouvernement d’Abuja à protéger les droits de tous les citoyens et à rester impartial vis-à-vis des religions. (apic/bbc/misna/be)



