Des milieux islamiques dénoncent la réforme de la justice
Nigeria: Le parlement se penche sur l’abolition de la peine de mort dans tout le pays
Lagos, 7 juin 2009 (Apic) Le Parlement fédéral du Nigeria se penche depuis quelques jours sur la réforme du système de justice dans tout le pays. Lors d’une conférence de presse, rapportée par le quotidien nigérian Daily Trust, Alhaji Tijjani Inuwa Tashi, le président du Conseil suprême pour la charia (loi islamique) de l’Etat de Jigawa, au nord, a condamné ce projet qui n’a qu’une «référence particulière: l’abolition de la peine de mort».
Depuis 2000, douze états du nord, sur les 36 états semi autonome qui composent la fédération du Nigeria appliquent la charia. L’adoption de cette réglementation a provoqué de nombreux troubles d’ordre confessionnel entre musulmans et chrétiens qui ont fait plus de dix mille morts entre 2001 et 2008.
Selon Alhaji Tijjani Inuwa Tashi, la suppression de la peine de mort n’est pas dans l’intérêt de la «justice, de l’équité et du respect des droits de l’homme». Elle aura de «graves répercussions» sur les musulmans, puisqu’elle a permis de réduire la criminalité. «Nous aimerions rappeler à nos concitoyens musulmans à la Chambre des représentants (le parlement) qu’ils doivent savoir qu’ils représentent des communautés musulmanes et, par extension, l’intérêt de l’islam», a-t-il déclaré. «Il est donc fondamental avant tout, de protéger et de préserver les principes de la religion avant tout autre intérêt», a-t-il encore lancé.
Il a rappelé, en outre, que l’Islam a prévu la peine de mort parmi les autres options en cas de meurtre, citant les deux versets coraniques qui énoncent clairement tout ce qui concerne la peine capitale. «En conséquence, toute personne qui tente d’abolir la peine de mort essaie d’effacer une section du saint Coran», a-t-il fait remarquer.
D’autre part, Alhaji Tijjani Inuwa Tashi a exprimé sa préoccupation face à la tendance à un projet du parlement local de l’Etat de Jigawa d’adopter une nouvelle loi sur les droits de l’enfant. Il a appelé les députés de l’état, à «cesser de toute urgence ce projet», relevant que le «principal objectif de la loi sur les droits de l’enfant est d’empêcher l’application de la charia, de saboter les tribunaux et le système juridique islamique (…)». (apic/ibc/bb)



