La jeune femme est condamnée à mort pour adultère

Nigeria: Le président Obasanjo exprime sa sympathie pour Amina Lawal

Abuja/Lagos, 26 août 2002 (APIC) Le président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, a exprimé sa sympathie pour Amina Lawal. Cette jeune mère de famille a été condamnée à être mise à mort par lapidation pour adultère, il y a une semaine. Le chef de l’Etat nigérian, de confession chrétienne, n’a toutefois pas annoncé de mesure concrète pour l’aider à éviter la sentence. Il a cependant exprimé samedi sa confiance dans le système juridique de son pays.

Lors d’un dîner organisé à l’intention de journalistes, Obasanjo s’est déclaré confiant des suites de l’appel de la jeune femme pour une révision du procès. Selon l’AFP, c’est la première déclaration officielle et publique du chef de l’état nigérian depuis la confirmation de ce jugement de la jeune femme par la cour d’appel islamique de Funtua, dans l’Etat de Katsina (nord du Nigeria) le 19 août dernier. L’avocat d’Amina Lawal a annoncé immédiatement après le verdict son intention de faire appel.

«Si elle meurt, je pleurerai pour moi, pour Amina, pour sa famille et pour le Nigeria»

«Je suis confiant quant au succès de cet appel», a souligné le président nigérian. Il s’est montré impuissant face au verdict du tribunal islamique et n’a pas proposé de solution pouvant aider à sauver la tête d’Amina Lawal. «Je n’ai aucune crainte pour sa vie, mais si elle meurt, je pleurerai pour moi, je pleurerai pour Amina, pour sa famille, et je pleurerai pour le Nigeria», a encore indiqué Obasanjo. Le président a le pouvoir de commuer la peine d’Amina Lawal au cas où la sentence du tribunal islamique serait confirmée par la Cour Suprême.

La condamnation d’Amina Lawal a suscité une vague de protestations dans le monde, provoquant même la réaction du Département d’Etat américain. Le ministre australien des Affaires étrangères, Alexander Downer, a mis en garde le Nigeria contre les conséquences au niveau international d’une telle exécution.

Lors de son procès, la jeune musulmane, qui est considérée comme adultère pour avoir donné naissance à son enfant plus de neuf mois après son divorce, n’a bénéficié que d’un maigre soutien de l’Etat central. Le gouvernement fédéral s’est contenté d’envoyer un observateur chargé d’assister l’équipe des avocats de la défense. Les autorités fédérales ont pourtant déclaré à plusieurs reprises que la loi islamique imposée dans les Etats nordiques à majorité musulmane n’est pas conforme à la Constitution en vigueur dans le pays. (apic/ibc/bbc/be)

26 août 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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